Un peu de tout et de tout un peu

Un peu de tout et de tout un peu

Les raisins de la colère (John Steinbeck) :

Ces derniers jours, j’ai relu Les raisins de la colère de John Steinbeck que j'avais lu voilà plusieurs années déjà. Pour ceux qui n’ont ni lu le livre, ni vu le film éponyme, ce roman raconte l’histoire d’une famille de paysans de l’Oklahoma, comme bon nombre d’autres des Grandes plaines, plongés dans la misère par la crise économique de 1929, la réduction des prix agricoles de 60% et le Dust Bowl (des tempêtes de poussières qui ont ravagé les Grandes plaines de 1933 à 1935 ) et qui sont chassés de leurs terres par les banques qui s’emparent de leurs biens fonciers. Cette famille avec des milliers d’autres part alors vers les Etats de l’Ouest, la riche Californie. Ils sont trois millions à avoir émigré par la Route 66 dans des conditions plus que pénibles où ils survivent en faisant preuve de solidarité. (Aujourd'hui on utilise le terme migrant : l'émigré vient de quelque part, l'immigré est arrivé d'ailleurs, le migrant on oublie d'où il vient et on ne lui permet d'arriver nulle part.)

Trois millions de paysans que les circonstances ont forcé à devenir nomades et qui tombent de Charybde en Scilla car leur exode aboutit à une situation encore plus misérable en raison de l’accueil ou plutôt du non-accueil qu’ils reçoivent de la part de la population des Etats où ils arrivent. Les campements misérables où ils s’installent à leur arrivée et dont les autorités locales n’ont de cesse de les déloger évoquent furieusement certaine « jungle » pas très loin de nos frontières. Et pourquoi ne suis-je pas étonnée de lire sous la plume de John Steinbeck, que les populations locales (nous dirions autochtones) face à ces paysans émigrés tiennent les mêmes propos que l’on entend à l’heure actuelle contre ceux que nous appelons actuellement migrants. « Ils sont sales, différents, profiteurs, paresseux, incapables, ne vivent pas comme nous, ne nous apportent que de la violence et des maladies, nous volent notre travail, et on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » On ne peut qu’être frappés par le fait que la volonté de refuser l’autre utilise toujours les mêmes discours, les mêmes peurs et les mêmes préjugés.

 

 



27/02/2019
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