Un peu de tout et de tout un peu

Un peu de tout et de tout un peu

Petit lexique pour lecture critique 

 

 

Lire un article de façon critique,  interpréter les résultats d’une étude publiée dans la littérature,  comprendre l’utilité d’un test diagnostique nécessitent d’en connaître le jargon statistique et épidémiologique. (article que j'ai publié dans la Revue de la médecine générale n°262 avril 2009)

 

 

Evaluation de la valeur diagnostique d’un test

 

Le mot test dans cette rubrique peut signifier autant un symptôme ou un examen clinique qu’un examen complémentaire.

 

Reproductibilité d’un test 

Permet d’évaluer les résultats donnés par un test. On parle de reproductibilité intraobservateur lorsque le test est répété dans le temps chez les mêmes sujets par le même observateur  et de reproductibilité interobservateur lorsque plusieurs observateurs utilisent le test chez les mêmes sujets.

 

Résultats test

Maladie présente

Maladie absente

Total

>0

 

<0

total

a

 

c

a+c

b

 

d

b+d

a+b

 

c+d

a+b+c+d

 

 

 

 

 

Vrai positif

Le test est positif et la maladie est présente (a)

 

Vrai négatif

Le test est négatif et la maladie est absente (d)

 

Faux positif

Le test est positif et la maladie est absente (b)

 

Faux négatif

Le test est négatif et la maladie est présente (c)

 

Sensibilité d’un test 

Probabilité d’avoir un test positif quand on est malade : % de tests positifs dans une population malade. a/a+c

 

Spécificité d’un test

Probabilité d’avoir un test négatif quand on n’est pas malade : % de tests négatifs dans une population non malade. d/b+d

 

La sensibilité et la spécificité dépendent uniquement des qualités du test et de l’opérateur.

 

Un test avec un taux élevé de faux positifs est très sensible mais peut être peu spécifique.

Un test avec un taux élevé de faux négatifs est très spécifique mais peut être peu sensible.

 

Pour les tests diagnostiques, on privilégiera la spécificité pour limiter les faux positifs.

Pour un dépistage, on veut limiter les faux négatifs pour détecter un plus grand nombre de malades et on privilégiera la sensibilité du test. Dans le cas du dépistage du SIDA où il est important de ne rater aucun diagnostic on privilégie la sensibilité dans le premier test de dépistage

 

Valeur prédictive positive (VPP)

Probabilité d’avoir la maladie quand le test est positif : a/a+b

 

Valeur prédictive négative (VPN)

Probabilité de ne pas avoir la maladie quand le test est négatif : d/b+d

Les valeurs prédictives dépendent du contexte clinique (probabilité prétest) et des caractéristiques (sensibilité et spécificité) du test.

Plus le test est sensible, plus la valeur prédictive négative est meilleure et plus augmente l’assurance du médecin que le patient avec un test normal n’a pas la maladie.

Plus le test est spécifique, plus la valeur prédictive positive est meilleure et plus augmente la

certitude que le patient avec un test anormal est malade.

 

PROBABILITÉ PRÉTEST

Probabilité d’existence de la maladie d’après le contexte clinique avant la réalisation du test.

Un test négatif diminue la probabilité, un test positif l’augmente.

Un résultat de valeur prédictive dans une population donnée n’est pas applicable à une autre population

où la probabilité pré-test serait différente.

Un exemple est celui du diagnostic d’entorses de la cheville dont la probabilité pré-test est de 1 à

4% en médecine générale et 13 % dans les services d’urgence. Une probabilité pré-test faible

donne une valeur prédictive positive faible et une valeur prédictive négative augmentée.

PROBABILITÉ POSTTEST

Probabilité d’existence de la maladie après le test. Si un test n’a aucun faux positif, la probabilité

post test est de 100%

Le test idéal est celui qui est à la fois très sensible et très spécifique. Mais l’idéal étant rarement voire jamais atteint, on cherche des compromis et on utilise alors les éléments qui suivent.

 

Seuil de positivité

Le meilleur compromis entre spécificité et sensibilité d’un test c’est de définir la valeur optimale du seuil de positivité d’un test, c’est-à-dire le choix du seuil déterminant le normal et le pathologique ou l’état de malade ou non malade.

Le choix de la valeur seuil aura une influence sur le taux de faux positifs et faux négatifs. Selon le seuil choisi, il y aura plus ou moins de valeurs normales chez les patients malades ou de valeurs pathologiques chez les patients sains.(cfr tableau 1) Le seuil idéal est donc celui qui  permet de séparer totalement tous les positifs des négatifs sans faux positifs ni faux négatifs

Un test positif aura pour conséquence un examen complémentaire ou une attitude thérapeutique.

Ici intervient le rapport coût-bénéfice. Le coût est le fait de traiter à tort un individu non malade, le bénéfice est le fait de traiter à bon escient un individu malade.

Si les faux positifs et faux négatifs ont le même coût, on choisit comme seuil celui qui donne globalement le plus de diagnostic exact : vrais positifs + vrais négatifs / total patients.

Si les faux positifs ont un coût supérieur, on choisira un test de sensibilité plus faible même au risque d’un plus grand nombre de faux négatifs.

 

Courbe ROC

(Receiver Operating Charactéristics) est une courbe qui exprime la relation entre la sensibilité et la spécificité d’un test diagnostique. Cette courbe montre la relation entre le % de faux positifs et de vrais positifs suivant les différentes valeurs de  seuils de positivités possibles. Cette courbe se construit de façon empirique en calculant la sensibilité puis la spécificité d’un test pour différents niveaux de seuils de sensibilité. Sur l’axe des abcisses, la variable 1 – spécificité est égale au nombre de faux positifs parmi les non-malades.

Lorsque la courbe couvre la diagonale, le test est non informatif, le seuil ne permet pas de discriminer les positifs des négatifs, la proportion de tests positifs est la même chez les malades et les non-malades.

Plus la surface est grande, plus le test est puissant (cfr courbe ROC). Pour le dire autrement : plus la courbe ROC s’éloigne de la diagonale pour rejoindre l’angle supérieur gauche, plus le test est globalement puissant . Mais un test ne doit pas nécessairement être le meilleur toutes catégories confondues ( fig b : A et B sont les courbes ROC schématiques de deux examens entre lesquels on souhaite choisir. A a une meilleure spécificité et sensibilité que B. A sera préféré à B s’il n’a pas d’effets secondaires. C et D sont les courbes ROC schématiques de deux autres examens paracliniques. C est préféré si on veut privilégier la sensibilité, D est choisi si c’est la spécificité qui prime même au prix d’un plus grand nombre de négatifs… Bref on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre…

 

Précision du test

Ensemble des vrais positifs et vrais négatifs par rapport au total des tests effectués (a+d/a+b+c+d)

Cette valeur est particulièrement utile pour comparer différents tests pour une même maladie

 

Rapport de vraisemblance (RV)

Ce terme ne s’adresse qu’aux individus qui ont la maladie.

Le RV pour un test positif correspond au rapport du % des vrais positifs sur celui des faux positifs ou rapport sensibilité/faux positifs ou sensibilité/ (1-spécificité)

RV+ = 1 le test est inutile

RV+ > 2 ou 3 : test utile pour confirmer le diagnostic

Le RV pour  un test négatif est le rapport du % de faux négatifs sur celui des vrais négatifs ou % faux négatifs sur spécificité. (1-sensibilité/spécificité)

RV- < 0.5 test utile pour exclure le diagnostic.

 

 

Evaluation d’une étude

 

1) Différents types d’études

Essai clinique

Il s’agit d’une étude d’intervention où  l’on compare un groupe de sujets exposés à un facteur ou traités par la molécule à évaluer par rapport à un groupe contrôle

 

Etude prospective

Essai clinique réalisé dans le temps après réalisation d’un protocole d’étude.

 

Etude rétrospective

Analyses de résultats basée sur les dossiers antérieurs de patients.

 

Case report

Présentation de cas cliniques de patients traités ou présentant un problème déterminé sans comparaison avec un groupe témoins. Leur utilité est

surtout de poser les questions permettant de créer des protocoles d’étude.

 

Etude contrôlée

Le groupe traité par le médicament est comparé à un groupe témoin traité par placebo ou par molécule de référence. Ceci permet de tenir compte de l’évolution naturelle de la maladie et de l’effet placebo en cas de comparaison à un placebo.

 

Etude comparative

La comparaison doit se faire versus placebo et accessoirement versus une molécule de référence. Des raisons éthiques empêchent parfois la comparaison au placebo et on doit se contenter alors de l’étude comparative avec une molécule de référence. Mais les deux traitements pourraient dans ce cas se révéler également inactifs.

 

Etude randomisée

Les groupes comparés doivent être comparables et pour cela les patients doivent être pris par tirage au sort pour éviter les biais de sélection.

 

Etude en aveugle

Les études menées en double-aveugle permettent d’éviter le biais d’observation favorable au nouveau médicament. Ni l’investigateur ni le patient ne savent si le produit administré est le médicament testé ou le témoin (placebo ou médicament de référence).

Dans l’étude en simple aveugle, seul le patient ignore ce qu’on lui administre.

On fait aussi des études en « ouvert ». Pour un même médicament, les résultats des open label studies sont en général meilleurs que ceux des études en double-blind.

 

Etude transversale

On étudie un échantillon de patients sur une courte période pour un problème de santé déterminé. La fréquence de ce problème est calculé par la prévalence (cfr ultra)

 

Etude longitudinale

L’échantillon de patient est étudié sur une longue période et les résultats en début et en fin d’étude sont comparés entre eux

 

Etude de cohorte

Elle peut être prospective ou rétrospective et observe un groupe d’individus exposés à un ou des facteurs de risque pendant une période donnée pour voir si le groupe exposé court plus de risque que le groupe témoin. On calcule le risque par l’incidence et le risque relatif (cfr ultra)

 

Etude cas- témoin

Une étude cas témoin  sélectionne deux groupes de sujets malades et non malades puis étudie leur exposition à un facteur de risque pour déterminer son rôle dans la survenue de la maladie.

2) Biais et erreurs

La validité d’une étude est fonction des auteurs à éviter les biais ou erreurs.

Le biais de sélection (ou de diversité) : application de l’étude à des patients répartis de façon non strictement aléatoire dans les différents bras de l’étude.

Le biais de vérification : le test de référence n’est pas réalisé lorsque le test est négatif.

Les fluctuations d’échantillonnage : la répétition de la même étude sur un même échantillon et dans les mêmes conditions ne donnera pas nécessairement le même résultat du fait du hasard. On peut le réduire en augmentant la taille de l’échantillon et en utilisant des tests statistiques appropriés.

Les biais de classement sont liés à des erreurs d’observation.

 

3) Analyse statistique

Elle est indispensable pour évaluer la pertinence de l’étude en validant les résultats.

 

Valeur p

Cette valeur exprime la probabilité que la différence observée entre le groupe contrôle et le groupe traité soit due au hasard. Elle est comprise entre 0 et 1. Plus elle se rapproche de 0 et plus elle est significative car le risque d’erreur est plus faible. Un p<0.05 est généralement éxigé (moins de 5% de risque d’erreur).

 

Intervalle de confiance(IC)

Il s’agit d’une fourchette de valeurs contenant la valeur réelle du paramètre considéré

avec une probabilité donnée.

On l’exprime en % ou en déviations standards

L’intervalle [a,b] est centré sur la valeur numérique estimée du paramètre inconnu  et contient la valeur vraie avec un probabilité α fixée a priori. Cette probabilité permet de s'adapter aux exigences de l'application.

α est le coefficient de confiance. Une estimation par intervalle de confiance sera d'autant meilleure que l'intervalle sera petit pour un coefficient de confiance grand.

Cet intervalle de confiance peut être calculé pour toutes les valeurs citées.

Une valeur de 95% est souvent choisie pour l’IC, 95% de chances que la valeur réelle soit bien dans la fourchette des valeurs données.

 

 

 

Malades

Cas dans les enquêtes cas témoins

Non malades

Témoins dans les enquêtes cas témoins

Exposés

a

b

Non exposés

c

d

 

Prévalence d’une maladie (P)

C’est la proportion des individus atteints de la maladie étudiée par rapport au nombre total d’individus dans la population étudiée

P = a + c/ a+b+c+d

 

Incidence d’une maladie (I)

C’est la proportion d’individus atteints de la maladie par rapport au nombre total  d’individus présents dans la population étudiée et non malades au début de l’intervalle de temps donné pendant une période déterminée.

I = a+c/a+b+c+d par période définie (an, mois, décennie)

 

Risque attribuable

C’est la différence entre les taux de maladie chez les individus exposés et non exposés.

 

Risque absolu.

Il s'agit d'une proportion, un rapport entre le nombre d'événements observés et le nombre de patients, de sujets testés.  Cette proportion est le plus souvent exprimée en pourcent (%).

 

 

Risque relatif

Cette valeur correspond au rapport des taux de maladie chez les individus exposés et non exposés.

RR = (A/VA+B)/(C/C+D) à supprimer

Si RR = 1, cela signifie qu’il n’y a pas d’association entre l’exposition et la maladie. S’il s’agit de l’exposition à un traitement, RR=1 signifie que le traitement est inefficace.

RR < 1, le traitement sera jugé efficace

RR > 1, le traitement est nocif.

 

Odd ratio

Cette valeur permet d’estimer le risque relatif lorsqu’il est impossible de mesurer les risques de la maladie chez les sujets exposés et non exposés.

L’ods ratio (en français rapport de cote) est toujours supérieur au risque relatif sauf si la maladie étudiée est rare et le risque relatif faible. Dans ce cas les deux valeurs sont proches.

OR = AD/BC

Il s’agit d’une valeur utilisée surtout dans les études épidémiologiques rétrospectives, dans les enquêtes de cohorte ou dans les enquêtes de type cas/témoin.

 

Réduction du risque relatif

C’est l’expression en miroir du risque relatif. Elle ne tient pas compte de la fréquence réelle du risque dans le groupe témoin et ne permet donc pas de mesurer le bénéfice absolu d’une intervention. (Cette valeur est celle qui est le plus souvent présentée par les laboratoires pour présenter les résultats de leurs études …).

RRR = 1 – RR

 

Réduction du risque absolu

Elle exprime la différence entre le risque absolu dans le groupe témoin et celui du groupe traité. On l’exprime en % ou en différence d’incidence par 1000 années-patients. Cette valeur permet de relativiser la réduction du risque relatif.  Cette notion est capitale. C’est elle que nous devons traquer à la lecture d’une étude.

 

Nombre de sujets  à traiter

Number needed to treat : NST

Il s’agit du nombre de patients à traiter pour éviter un seul événement pathologique en traitant pendant le même temps qu’aura duré l’étude.

Elle est fonction inverse de la réduction du risque absolu.

NNT = 1/RRA

Cette notion est particulièrement utile pour connaître l’ampleur de l’utilité d’un traitement.

 

Toutes ces valeurs RR, OR, RRR et RAR doivent en principe être présentées munies de leur intervalle de confiance.

 

3) Metaanalyse

Il s’agit d’une méthode quantitative pour combiner les résultats d'études indépendantes (habituellement tirées de la littérature) et synthétiser les sommaires et les conclusions qui peuvent être employées pour évaluer l'efficacité thérapeutique, planifier de nouvelles études, etc.

On procède à l’analyse statistiques de données provenant de plusieurs analyses.

Les métaanalyses sont surtout utiles pour comparer des études aux résultats discordants ou de puissance insuffisante.

La métaanalyse est elle-même exposée à différents types de biais :

Le biais de publication : toutes les études sur le sujet n’ont pas été publiées

Le biais de sélection

Le biais d’extraction

Les résultats sont présentés comme dans le tableau 3.

La longueur des rectangles est proportionnelle à l’intervalle de confiance à 95 %.

Le trait vertical dans chaque rectangle a pour abscisse la valeur du RR ou de l’OR : si le trait est proche de la verticale d’abscisse 1, RR <1. Si le rectangle coupe la verticale : RR = 1 est contenu dans l’intervalle de confiance et donc la différence n’est pas significative.

Le rectangle le plus bas est calculé sur l’ensemble des essais c’est-à dire sur le total des patients. A gauche de la verticale d’abscisse 1, les études sont positives, à droites elles sont négatives.

(Dans l’exemple défini par le tableau3 le résultat global de la métaanalyse est positif).

 

 

Pour en savoir plus

 

  1. Pestiaux D, Bouilliez DJ, Bouniton Marc, Denis B et al : L’information médicale, une jungle à déchiffrer. Ed Quorum Ottignies 1997
  2. Junod A. F. : Décision médicale ou la quête de l’explicite. Med & Hyg Paris 2003
  3. Van Driel M, Chevalier P  Minerva Glossaire des termes utilisés en Evidence Based Medicine 2004
  4. Devresse P-Y : Le goût du risque RMG 2004 ;(27) 217 : 455-7

 

 


15/08/2020
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Si la Covid19 était une voiture ...

- Dis, tu as oublié de mettre ta ceinture de sécurité ?

- Ah mais je ne la mets jamais, c’est pas confortable du tout, j’ai du mal à respirer avec et c’est dangereux une ceinture de sécurité. Je connais des gens qui ont été blessés parfois tués à cause de la ceinture de sécurité. Je suis libre, je ne suis pas un mouton qu’on peut attacher.. .

- Laisse-moi le volant, tu as bu trois verres de vin et tu es sûrement au-dessus du seuil autorisé d’alcoolémie.

- Je ne suis pas soul et je me contrôle très bien. Je me connais bien et je n’accepte pas qu’on me dise ce que je dois boire ou pas. C’est une atteinte à ma liberté.

- Attention, tu roules trop vite : la vitesse est limitée à 120km/h sur l’autoroute, tu es largement au-dessus.

- Et alors ? je gère. On limite la vitesse juste pour pouvoir se faire du fric sur le dos des conducteurs. Limiter la vitesse en voiture c’est une atteinte à la liberté de se déplacer. Je n’ai pas peur.

- Oui, mais tu as vu le panneau qui indiquait qu’il y a eu plusieurs accidents graves sur ce tronçon avec 200 morts rien que l’année dernière ?

- On fait dire ce qu’on veut aux chiffres, d’ailleurs on meurt beaucoup plus de cancers. Et puis tout ceux qui ont des accidents de voiture ne sont pas tués. Ces messages servent juste à contrôler les gens par la peur et nos dirigeants sont sûrement payés par les agences publicitaires qui fabriquent ces panneaux publicitaires.

- Tu ne devrais pas envoyer de SMS en conduisant, c’est dangereux.

- Mais arrête, tout ceux qui envoient des SMS au volant n’ont pas d’accident. Je ne suis pas un mouton, je t’ai dit, je ne veux pas qu’on porte atteinte à ma liberté de communiquer.

-

 


29/07/2020
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Faut-il vraiment dénigrer les moutons ?

Il est de bon ton pour dénigrer ceux qui respectent les règles de les comparer aux moutons, dont l'esprit grégaire est toujours vu de manière péjorative. Mais ceux qui trouvent les moutons si minables, savent-ils que les loups survivent aussi grâce à leur esprit de meute qui les pousse à accepter toute une hiérarchisation, encadrés par une stratégie adaptée à la préservation de l’espèce ? Le loup solitaire n'a de charme que dans les légendes et les croyances populaires, il est rarement seul par choix et ses chances de survie sont plutôt faibles. Cet esprit grégaire si vivement critiqué par certains esprits qui se croient forts n'est après tout que la manifestation d'un vrai sens social. L'instinct grégaire ne signifie pas l'obéissance aveugle et non critique mais au contraire : chaque membre du groupe réduit le danger pour lui-même et pour les autres en se rapprochant autant que possible du centre du groupe. Ainsi, le troupeau fait bloc commun face à un éventuel danger. Le comportement grégaire est ainsi supérieur au comportement non coordonné d'individus égoïstes

 


29/07/2020
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A moto un casque, dans les endroits publics un masque !

A propos du masque :

pour ceux qui craignent de s'infecter par d'autres microbes en le portant : il est important de préciser que mettre un masque nécessite d'avoir les mains propres. Donc lavage ou désinfection des mains avant de le mettre, avant de l'enlever et après l'avoir enlevé. Ne le manipulez qu'avec les élastiques ou les cordons, ne le touchez pas pendant que vous le portez (ne vous touchez pas d'ailleurs le visage quand vous n'avez pas de masques). Le masque doit être propre : les masques en tissus sont lavables, donc lavez-les sans qu'on soit obligé de prévoir des amendes pour ceux qui circuleraient avec un masque et des mains sales ! L'hygiène des mains reste une priorité !!! Et quand vous ôtez votre masque ou pour le transporter prévoyez un sachet en papier propre !

Pour ceux qui craignent de s'asphyxier en le portant : le masque n'est pas hermétique (à moins que vous ne portiez un masque en plastique dont les bords collent à la peau mais c'est une très mauvaise idée). Vous ne risquez pas plus de vous asphyxier avec un masque qu'avec l'écharpe dont vous vous couvrez le nez et la bouche en plein hiver. Porter un masque ne vous tuera pas, contrairement au virus qui lui pourrait le faire.

Pour ceux qui disent que la distance physique est suffisante : non, car elle est très difficile à respecter partout, donc ceinture et bretelle c'est plus sûr

Pour ceux qui disent que l'obligation vient tard et qu'elle ne sert plus à rien : non, le virus circule toujours (une petite centaine de nouveaux cas par jour quand même ce n'est pas rien), c'est comme un incendie dont on ne voit plus les flammes mais dont les braises sont encore actives et pourraient relancer les flammes. Donc c'est toujours utile, je dirais même plus que jamais.

Oui, c'est chaud et pas toujours confortable mais on s'y habitue et il vaut mieux le nez et la bouche confinés derrière un masque dans certaines circonstances que toute une population confinée !

Courage, vivre avec le virus ne signifie pas de faire comme s'il n'était pas là mais d'accepter certaines contraintes en attendant un vaccin (et là il faudra encore se battre contre tous ceux qui viendront dire que le vaccin est dangereux).

Je terminerai en disant que si toutes les mesures sont respectées : hygiène des mains, masque dans les endroits fréquentés, distance physique quand elle est possible, non seulement nous limiterons la covid 19 mais aussi la grippe saisonnière, les gastro-entérites et d'autres infections virales.

 


13/07/2020
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Les couleurs du hasard par Patricia Duterne (Editions Acrodacrolivres 2020)

Il est sorti juste au début de la pandémie et le confinement actuel empêche son auteur d'aller à la rencontre des lecteurs potentiels pour en faire la présentation. J'ai eu la chance de recevoir un exemplaire du dernier livre de Patricia Duterne, Les couleurs du hasard, publié chez Acrodacrolivres. J'avoue avoir été un peu déconcertée par ce roman un peu particulier évoluant autour d'un événement que tous les auteurs connaissent : un salon du livre. Décontenancée par le ton de ce roman que je n'aurais pas attribué à Patricia si je n'avais pas su qui l'avait écrit. Ses autres romans, Le murmure du papillon ou encore Au fil de soi étaient beaucoup plus "intimistes" plongeant au coeur de la psychologie des personnages centraux sur un ton tout en douceur. Dans ce roman, j'ai été épatée par la tonalité ironique, critique parfois acerbe et sans concession de tous les personnages créés et évoluant sous sa plume et sous le regard du narrateur qui les regarde de loin, de haut . Des dialogues, beaucoup de dialogues, des jeux de mots, des mots d'esprit, un tourbillon de personnages  issus d'univers les plus divers, auxquels on finit par s'attacher en dépit de leurs personnalités contrastées grâce à leurs histoires souvent tourmentées. Le portrait vire à la caricature parfois même au pamphlet pour les notables, les officiels, les politiques qui organisent l'événement littéraire qui permet la rencontre de tous ces auteurs et les fait évoluer sur le plan personnel.  Un livre étonnant, très bien écrit, car Patricia écrit très bien, qui nous fait découvrir une autre Patricia Duterne qui mérite d'être découverte. 

A lire donc : Les couleurs du hasard, Patricia Duterne, chez Acrodacrolivres

 


29/03/2020
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Allo maman ma mère n'est pas là : retour de lectures

Patricia Fontaine : (auteur de La cape verte)

Allo maman, ma mère n’est pas là ! Cela fait plusieurs jours que j’ai fini la lecture de ce récit qui est avant tout un récit d’histoires d’amours. Où le manque d’amour, l’absence d’un lien trace et creuse au plus profond de la chair et de l’être des blessures indélébiles. Où même le trop d’amour n’y peut rien. Où la recette d’un comment faire, d’une juste place n’a pas encore trouvé de grimoire pour s’y écrire. Allo maman, ma mère n’est là ! J’ai envie de poursuivre ce cri d’appel à l’aide. Allo le monde, où es-tu ? Monsieur et Madame tout le monde où êtes-vous avec vos jugements, votre indifférence, vos regards hautains, vous tellement convaincus que chez vous jamais ! Élide, à travers ton livre je me suis dit que je fais partie de ce monde-là, sans le vouloir… parfois. Là où tu m’as aussi interpelée, c’est que comme psy, je fais partie du monde des intervenants sociaux dont tu parles. Ce monde des biens pensants et des bienveillants qui savent ou qui qui croient savoir sans se remettre en question, en condamnant l’autre pour ne pas reconnaître son impuissance, voir admettre ses faux pas si ce n’est ses erreurs. Tu nous fais entrer dans les coulisses de la psychiatrie, du secteur de la jeunesse, mais qu’importe le secteur. J’ai cherché à me rassurer en me disant que ce dont tu parles, c’était il y a plus de vingt, que les pratiques ont évolué… Pourtant j’avoue que j’ai eu l’impression d’être sur mes lieux de travail, aujourd’hui… parfois

La fluidité de ton écriture pourrait nous faire croire à un conte, mais tu nous entraînes dans les entrailles d’une femme à la dérive, d’un bébé devenu homme ou pas, d’une famille extra-ordinaire qui tente de se (re)construire et de colmater les dommages collatéraux.

Pas de happy end mais « simplement » la vie qui se poursuit pour le meilleur et pour le pire.

C’est une histoire d’amours possibles et impossibles, une histoire qui m’a bousculée et que je n’oublie pas.

Pour tout cela et plus encore, merci Élide !

 


26/03/2019
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Interview à l'Alchimie du livre (le 9 décembre 2018)

Je ne suis pas très à l'aise devant une caméra et je n'ai jamais été très brillante à l'oral surtout quand je n'ai rien préparé. Merci à l'auteur de cette interview.

 


27/02/2019
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Les raisins de la colère (John Steinbeck) :

Ces derniers jours, j’ai relu Les raisins de la colère de John Steinbeck que j'avais lu voilà plusieurs années déjà. Pour ceux qui n’ont ni lu le livre, ni vu le film éponyme, ce roman raconte l’histoire d’une famille de paysans de l’Oklahoma, comme bon nombre d’autres des Grandes plaines, plongés dans la misère par la crise économique de 1929, la réduction des prix agricoles de 60% et le Dust Bowl (des tempêtes de poussières qui ont ravagé les Grandes plaines de 1933 à 1935 ) et qui sont chassés de leurs terres par les banques qui s’emparent de leurs biens fonciers. Cette famille avec des milliers d’autres part alors vers les Etats de l’Ouest, la riche Californie. Ils sont trois millions à avoir émigré par la Route 66 dans des conditions plus que pénibles où ils survivent en faisant preuve de solidarité. (Aujourd'hui on utilise le terme migrant : l'émigré vient de quelque part, l'immigré est arrivé d'ailleurs, le migrant on oublie d'où il vient et on ne lui permet d'arriver nulle part.)

Trois millions de paysans que les circonstances ont forcé à devenir nomades et qui tombent de Charybde en Scilla car leur exode aboutit à une situation encore plus misérable en raison de l’accueil ou plutôt du non-accueil qu’ils reçoivent de la part de la population des Etats où ils arrivent. Les campements misérables où ils s’installent à leur arrivée et dont les autorités locales n’ont de cesse de les déloger évoquent furieusement certaine « jungle » pas très loin de nos frontières. Et pourquoi ne suis-je pas étonnée de lire sous la plume de John Steinbeck, que les populations locales (nous dirions autochtones) face à ces paysans émigrés tiennent les mêmes propos que l’on entend à l’heure actuelle contre ceux que nous appelons actuellement migrants. « Ils sont sales, différents, profiteurs, paresseux, incapables, ne vivent pas comme nous, ne nous apportent que de la violence et des maladies, nous volent notre travail, et on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » On ne peut qu’être frappés par le fait que la volonté de refuser l’autre utilise toujours les mêmes discours, les mêmes peurs et les mêmes préjugés.

 

 


27/02/2019
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Au fil de soi de Patricia Duterne

Olivia, à 50 ans, décide de s'installer dans une jolie maison à la campagne, loin de sa famille. Elle veut prouver à son entourage qu'elle est capable de vivre seule, de se prendre en charge, qu'elle n'est pas l'être fragile que sa mère et sa fille croient.  Olivia cherche aussi un endroit pour rassembler tous ses trésors, les objets qu'elle collectionne depuis qu'elle est enfant. Pour Olivia ces objets inanimés ont une âme, et elle leur parle comme à de véritables êtres vivants que ce soit une poupée ou  des chaussettes trouées. Une thésauromanie compulsive, pathologique (on peut évoquer le diagnostic de syllogomanie) car envisager de se séparer de ces objets est pour Olivia une source de souffrance  

Peu de temps après son installation à la campagne, on retrouve Olivia en état de choc sur le bord de la route. L'occasion de dérouler le fil de l'existence et du mal-être d'Olivia sur lequel elle évolue depuis l'enfance telle une funambule entre ses rêves d'enfant et la  réalité de la vie qu'elle ne sait pas appréhender, toujours au bord de l'abîme de la folie si proche.  Le coma d'Olivia durera trois jours au cours desquels ses proches vont nous parler d'elle pendant qu'elle lutte pour émerger et rejoindre le monde des vivants.

 

Un livre où j'ai retrouvé la sensibilité et la délicatesse d'écriture de Patricia Duterne qui m'avaient déjà plu dans Le murmure du papillon. Des personnages à fleur de peau qui restent accrochés à l'univers de leur enfance. Une enfance qui sous la plume de Patricia est toujours magique, peut-être trop magique, au point de devenir envoûtante et empêcher l'éclosion vers la maturité.  Psychologue de formation, Patricia sait pénétrer au coeur des âmes pour nous en révéler les méandres.

 

Un très beau roman, à découvrir absolument.

 

Au fil de soi, Patricia Duterne, Editions Acrodacrolivres 2018

 

 


07/02/2019
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Pile et face de Patricia Fontaine

Au début du roman, on rencontre Amelia qui vient d'être engagée comme aide-soignante dans une maison de repos de la périphérie bruxelloise. En réalité, Amelia s'appelle Clarisse qui cherche à changer de vie, pour fuir un passé douloureux et un personnage dangereux.  Rattrapée par son passé, Clarisse est contrainte de fuir la Belgique et se retrouve ainsi à Santiago du Chili. Elle y fait la connaissance de Marta, une chilienne qui a émigré en Belgique pour fuir la dictature de Pinochet. Marta retourne dans son pays après 42 ans d'exil.  Un élément commun réunit Clarisse et Marta : un homme, appelé La fouine brune. Clarisse l'a rencontré dans la maison de repos et c'est lui qui l'a aidée à fuir,  Marta a vu sa vie détruite par cet homme en 1973 lors du "golpe" .  Clarisse au cours de son séjour initiatique se retrouve à aller déterrer le secret de la Fouine avec l'aide de Marta.

L'auteur évoque sans concessions un  pan pénible, douloureux et non encore cicatrisé de l'histoire récente du Chili, donnant la parole aux victimes et livrant l'opinion du bourreau aux lecteurs. Il s'agit d'un roman mais dont on sent que l'auteur s'est bien documentée  à travers des témoignages recueillis en Belgique et au Chili et de voyages à Santiago et dans le désert de l'Atacama, ainsi que de romans et de films.  Les destins de Marta et Clarisse, ainsi que celui de la Fouine se croisent dans une intrigue assez  complexe mais bien ficelée au cours duquel ils  cherchent à se libérer de leur passé et à se reconstruire.

Un style qui sait transmettre des émotions et des mots justes, une très belle écriture, des personnages vrais,  une oeuvre forte, dense, qui fait oeuvre de mémoire un superbe roman par une auteur de grand talent à découvrir absolument.

 

Pile et Face, Patricia Fontaine, Editions Academia, 2018

 


06/02/2019
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Au bout des doigts... "de la musique avant toute chose"

De passage à la gare du Nord, Pierre, un homme que la vie a blessé, directeur du Conservatoire national supérieur de musique, est ébloui par la prestation de Mathieu, un jeune banlieusard, qui joue sur un piano en libre-service. Persuadé qu’il a découvert un génie de la musique, Pierre remet sa carte à Mathieu qui dans un premier temps se demande ce que ce bourgeois peut bien lui vouloir. Mais Mathieu, en plus de sa passion secrète pour la musique, a des fréquentations qui l’entraînent dans la spirale de la délinquance. Arrêté pour un cambriolage, Mathieu joue l’atout Pierre. Ce dernier lui évite la prison à condition que Mathieu vienne faire des Travaux d’intérêt général au Conservatoire. En fait, Pierre a des soucis professionnels et pour sauver sa place, il décide d’inscrire Mathieu comme candidat pour le Concours d’excellence. Un projet qui ne rencontre aucun soutien et qui suscite l’ironie de sa hiérarchie : Mathieu bien qu’ayant l’oreille musicale absolue n’a aucune formation musicale, il est incapable de déchiffrer une partition. Mais Pierre croit en lui plus que Mathieu ne croit en lui-même …

Un roman magnifique que la rencontre de cet homme et cet adolescent à qui la vie n’a fait aucun cadeau, une histoire pleine de suspens, de rebondissements avant le dénouement, qui nous révèle petit à petit le secret qui ronge Pierre, une histoire qui transporte le lecteur comme la musique présente à chaque page...  

 

Au bout des doigts, Gabriel Katz, Editions Fayard

 


31/01/2019
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La cage de Michel Beuvens : une pépite à découvrir

Que faire lorsqu'un médecin vous précise le temps qu'il vous reste à vivre ?  Le protagoniste de ce roman décide alors d'écrire un roman pour raconter comment il a vengé la mort de sa fille, mort qui l'avait enfermé dans la cage de la haine. Encore une histoire de vengeance me direz-vous ? Oui et non. En fait ce roman est une  réflexion  sur la mort : mort annoncée du personnage principal, mort prématurée  de la jeune fille à cause de laquelle la vie de notre héros a été brisée, mort en couches de la mère, et puis la mort organisée qu'il veut donner. Et une réflexion sur l'amour : amour de jeunesse qui n'a pu s'épanouir, amour d'un père pour sa fille, amour de fin de vie. En marge du récit, un dialogue du protagoniste avec sa correctrice à qui l'auteur donne de manière assez originale la parole en fin de roman pour compléter les non-dit qu'elle a pressentis tout au court de sa lecture.  Les personnages sont  attachants, sonnent "vrais".

Un roman qui parle de vie et de mort, d'amour et de haine, avec une grande sensibilité, sans jamais tomber dans aucun excès de sensiblerie, écrit de manière fluide dans un style qui a l'élégance de la sobriété. Un petit roman par la taille, qui se lit d'une traite parce que l'auteur sait gérer le suspens, un grand roman par le talent, la sincérité et la profondeur des sentiments exprimés.

 

La cage est le deuxième roman de Michel Beuvens, et j'attends avec impatience son prochain livre.

 

La cage, Michel Beuvens , Editions Ex Aequo, collection Blanche,

 

 


31/01/2019
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Une déception

J'ai acheté le livre La vraie vie d'Adeline Dieudonné au vu des critiques dithyrambiques à propos de ce roman. Mais  j'aurais  dû me méfier. Après l'avoir lu, je dois dire que j'ai vraiment beaucoup de mal à comprendre l'engouement qu'il a suscité.   Il se lit rapidement car il est bien écrit, le style est simple et fluide, le vocabulaire bien choisi. La forme est donc de bonne qualité. En revanche en ce qui concerne le fond,  j'ai envie de dire comme Talleyrand que tout ce qui est excessif est insignifiant. Et on est bien dans l'excès. Une famille des plus toxiques : un père violent et sadique, chasseur qui collectionne dans une pièce de la maison ses trophées de chasse, une mère tellement écrasée par la violence de son conjoint qu'elle en devient presqu'inconsistante au point que sa fille (la narratrice) l'appelle l'amibe, la fille (dont on ne connaît pas le nom) et son petit frère Gilles. Les deux enfants ont une relation particulièrement fusionnelle.  Bref un climat déjà malsain au début, mais curieusement ces deux enfants semblent s'accommoder de ce climat de violence domestique.  Et puis un siphon de crème fraîche qui explose entre les mains de leur glacier va faire perdre son sourire au petit Gilles qui trouve refuge auprès d'une hyène tuée par son père et conservée dans la chambre aux cadavres. Pour sauver Gilles, sa soeur décide de fabriquer une machine à remonter le temps pour revenir avant l'événement traumatisant. En fait ce livre ce résume  à un catalogue d'horreurs et de violences avec des déluges d'hémoglobine et un épisode d'un sadisme inouï  jusqu'au dénouement final prévisible mais qui est présenté comme un happy end, ce qui est assez aberrant d'un point de vue psychologique. Aucune lueur d'espoir, seule la violence est la réponse apportée par  l'auteur pour résoudre et sortir du cercle de la violence familiale. Un livre coup de poing lit-on sur la 4e de couverture, mais à quoi sert ce coup de poing ?

Bref, j'ose aller à contre-courant et dire  que je ne vois  rien de fort, ni de nouveau , ni de génial dans ce livre qui m'a profondément déçue.  Le sujet de la violence familiale mérite d'être traité de manière plus nuancée et plus  sensible, sans sombrer dans le spectaculaire  et  la  caricature.

 


30/01/2019
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La maison Golden de Salman Rushdie

Tout commence le jour de l'investiture de Barak Obama en 2008.

Un milliardaire en provenance de l'Inde, s'installe dans les "Jardins" de Greenwich Village, à New York, avec sa famille. Le milliardaire aux origines mystérieux s'appelle Neron et il a trois fils aux noms romains Petronyus dit Petya, Lucius Apuleius, dit Apu et Dionysos, dit D. Neron est un patriarche despotique,  Petya souffre d'agoraphobie, peut-être bien d'un syndrome d'Asperger, et il est passionné par l'informatique et les jeux video. Apu est un artiste tandis que Dionysos cherche son identité sexuelle. Une famille de nevrosés. Neron est en couple avec une jeune maîtresse russe, Vasilisa, une manipulatrice intrigante qui met au point un plan diabolique pour assouvir ces ambitions.  Cette famille va susciter la curiosité du voisinage et en particulier celle de René, jeune cinéaste d'origine belge, qui travaille à la création d'un long scénario qu'il va calquer sur la vie de la famille Golden. Neron va prendre René sous sa protection à la mort accidentelle des parents de ce dernier et Vasilisa se servir de lui pour sa machination. Voilà présentés les personnages de cette famille dorée et planté le décor de ce roman qui n'a rien à envier aux meilleures tragédies grecques. René va petit à petit découvrir pourquoi Neron a quitté l'Inde et vivre de près le destin de chaque membre de cette famille en déclin. La lecture est rendue compliquée par les multiples références littéraires, cinématographiques,  les événements de l'actualité, les théories identitaires   Mais l'intrigue est passionnante, pleine de suspens avec la participation de la mafia indienne et du terrorisme islamique... Une tragédie évoquant l'amour, la jalousie, la trahison et posant la question du mal et de savoir s'il est possible d'être bon et de trahir, écrite  avec ironie et humour,  et une fin tout à la fois dramatique avec l'arrivée au pouvoir américain d'un Joker aux cheveux teints jamais nommé mais que tout le monde reconnaîtra mais avec un happy end quand même.

 

 


27/01/2019
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Une critique d'Allo maman, ma mère n'est pas là par Philippe De Riemacker (sur https://artsrtlettres.ning.com/)

"Impossible de ne pas admettre que l’ensemble de notre vie est impacté par toute situation rencontrée dès notre plus tendre enfance. Oserais-je ajouter qu’avant même que nos premières respirations se joignent à l’orchestre de l’humanité, le bébé comme une éponge, absorbe tendresse ou manque d’amour avec une déconcertante facilité. C’est probablement à l’image de cette même éponge, qu’il rejettera progressivement le trop-plein de ce qui l’a perturbé. Pour les plus malchanceux d’entre nous, trop de poisons briseront le contenant en forgeant dans le subconscient une fêlure irréparable, un point de non-retour. 
L’auteure qui nous intéresse est médecin généraliste, mais pas que. Éclectique par nature, elle s’adonne à la peinture en plus de l’écriture. Les plus fidèles d’entres-vous se souviendront que j’avais chroniqué, il y a quelques années déjà, son roman « Temps de guerre, temps de paix ». C’était une œuvre qui m’avait séduit et que, par coup de cœur, j’avais proposée au prix remis à l’occasion du Salon International du livre de Mazamet 2018. L’ouvrage avait été remarqué et s’il ne fut pas couronné j’ose dévoiler que ce fut de justesse.
Élide Montési n’est pas à son coup d’essai. Elle nous a offert « Les filles d’Hippocrate », « La nuit n’est jamais complète », « Ligne brisée » avant de rédiger le roman que nous approchons dans cette chronique. Pas étonnant qu’avant de découvrir son dernier ouvrage, je me sois préparé une bulle de confort afin de me plonger dans l'œuvre qu’elle m’avait confié au salon Mon’s livre fin novembre dernier. 
J’avoue avoir été décontenancé par un sujet des plus interpellant. C’est peut-être la faute au fait que l’on ne l’approche jamais suffisamment, je veux dire par là, en utilisant un langage compréhensible par le quidam que nous sommes, misérables ignorants, hermétique au jargon scientifique. La raison vient peut-être également que l’on préfère quelquefois le déni par peur d’ouvrir une boite de pandore don le contenu se limiterait à une antenne parabolique qui refléterait les manquements de nos sociétés, mais pas que. Pas facile d’oser se remettre en question et pourtant, comme le soulignait si justement ce cher Albert Einstein, c’est devant celui qui connait les abysses de son ignorance que l’on reconnaît l’être d’exception.
Mais revenons à nos moutons :
En abordant « Allo maman, ma mère n’est pas là ! », comme tout lecteur qui se respecte j’ai commencé par le quatrième de couverture. Ce dernier nous explique que : ce livre met en scène la problématique des troubles de l’attachement chez l’enfant… 
Je ne puis souscrire à cette description, elle est à mon sens trop restrictive. À mon regard, ce livre aborde une série de catastrophes humaines inhérentes à notre environnement. Certes, je puis comprendre ce que l’auteure ou l’éditeur a voulu souligner par cette accroche. Elle est certainement logique si l’on considère que les conséquences, dues à ce qui pourrait ressembler à un rejet parental, vont peser lourdement sur le destin d’un enfant, et pourtant !
En me plongeant dans « Allo maman, ma mère n’est pas là ! » je n’ai pu empêcher mon esprit de porter son attention sur l’entièreté des éléments que nous décrit Élide Montesi. J’avoue, j’en ai eu le vertige. 
C’est que l’auteure possède une sensibilité à fleur de peau qui lui permet de décrire les ornières posées par la vie ou par les destins émiettés. L’écrivaine détient le don d’effleurer les oubliés, les êtres cassés, ceux qui n’intéresseront personne sauf quand viendra l’heure d’un bilan apporté malheureusement par la « une » de l’actualité judiciaire. C’est là qu’intervient la description de nos limites et du tourbillon qui peut entrainer une âme blessée au risque d’entraîner ceux qui tentent de lui venir en aide.
M’arrêter ici serait malhonnête, le livre nous réserve beaucoup plus. 
L’enfance malmenée par une maman complètement paumée permet d’aborder la thématique non pas de l’adoption, mais des familles d’accueil. Au final, en refermant le livre je me suis rendu compte qu’il foisonne d’informations qui peuvent probablement servir de références. En parlant de référence, je songeais à l’ensemble des acteurs qui fréquentent la scène de la vie sur laquelle irrémédiablement nous jouons notre rôle et qui me porte à dire que nul n’est innocent. Je n’accuse personne, je ne fais que décrire une simple observation. S’il fallait vous convaincre j’ajouterais qu’il suffit d’être conscient des regards que nous portons sur ceux qui nous sont différents par le comportement. Je suppose qu’il est plus facile de juger que de soigner… 
Je ne condamne pas, je ne le pourrais pas puisqu’en écrivant ces mots me voici assis à vos côtés sans que je ne puisse apporter la moindre solution à ce dilemme présent depuis que l’humain à foulé le sol de cette bonne vieille terre. 
Voilà, sans l’avoir provoqué, Élide Montési ouvre les débats et m’y a entrainé malgré mon devoir de réserve… 
Je n’ai qu’un léger bémol à murmurer, que ceci ne gâche pas votre plaisir. 
En finissant ma lecture, me reste comme un léger goût d’empressement. Comment exprimer mon ressenti ? C’est comme si l’auteure s’était laissée portée par le sujet (serait-elle concernée ?) et que de nous apporter cette histoire, elle s’est livrée jusqu’à l’épuisement. N’aurait-elle plus eu la force de se laisser le temps nécessaire à la décantation ? Il y va d’un livre comme d’un parfum de femme. L’exception requière une attention des plus exigeantes et l’éditeur devrait de temps en temps se positionner en qualité de chef d’orchestre. Plus facile à dire qu’à faire j’en suis conscient, mais c’est également mon rôle de prendre tous les éléments d’une œuvre en compte. Les détails don je vous parle sont insignifiants, sans la moindre réserve je vous invite à vous procurer « Allo maman, ma mère n’est pas là ! ». Vous pourrez découvrir ce livre comme un simple roman ou, et je vous y invite, l’utiliser comme un outil au service de l’humain."
Retrouvez Philippe De Riemaecker sur Art & Lettres , Passion TV, Radio Passion, RCF Sud Belgique, Radio Vicomté, Chouette magazine.

 


16/01/2019
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