Un peu de tout et de tout un peu

Un peu de tout et de tout un peu

Le début d'une longue histoire

Au commencement,  il n’y avait rien.  Et je m’ennuyais à mourir … même s’il est difficile voire impossible de mourir lorsqu’on n’a pas d’existence définie.

Non, déjà parler d’un commencement évoque une limite dans le temps. Or,  ce dont je parle est un univers sans limites ni dans le temps ni dans l’espace.   L’éternité est un état indépendant du temps, qui n’a ni début ni fin. L’éternité n’a donc pas de commencement. Et l’espace qui me concerne est un espace sans limite, l’infini. 

Il n’y avait rien ? Mais il y avait Moi, et je ne peux pas dire que je ne suis rien puisque je suis l’infini et l’éternité. Le commencement sans commencement et la fin sans fin, le cercle parfait, le serpent qui se mord la queue, ce qui peut être un cercle vicieux ou un cercle vertueux.  Le tout, le rien, le vide et le plein, l’obscurité… mais l’obscurité ne se définit que par rapport à la lumière et dans le vide, il n’y a pas de lumière pas plus que d’obscurité.  

Toutes les philosophies se sont évertuées à essayer de comprendre cet état que je tente en vain de vous décrire car il est en fait indescriptible.  Plusieurs théories au fil des temps ont été imaginées pour tenter de comprendre le monde d’avant le monde.  Pour me comprendre Moi, alors que moi-même, l’intelligence suprême je ne me comprends pas.  Bon là, j’anticipe sur le cours des événements.

Et l’univers avant l’univers, c’est moi.  Et cette situation étant difficile à comprendre et à gérer pour moi aussi, un jour, tous les principes contraires que je représentais ont fini par se percuter.  J’ai explosé ou implosé comme vous préférez.  L’explosion c’est la transformation rapide d'une ou plusieurs matières en une autre matière ayant un volume plus grand (ce qui laisse entendre qu’il y aurait de l’espace en dehors de mon espace pourtant déjà infini) tandis que l’implosion suppose l’irruption très brutale d'un fluide, d'un gaz dans une enceinte dont la pression est beaucoup plus faible que la pression extérieure.  Et ça laisse entendre à nouveau qu’au-delà de mon espace infini, il y aurait un espace plus infini. Vous comprenez donc que tout cela me soit monté à la tête. Un jour ça a été Bang ! Un big bang ! 

Bref,  cet univers sans limites de temps ni d’espace un jour s’est transformé, simplement parce que je ne me comprenais plus moi-même.  Mon tout s’est fragmenté,  le vide n’était plus vide, le plein n’était plus complètement plein,  et même si  l’univers restait infini, une limite est apparue : il eut un avant et un après la transformation. Un présent et un passé, ce qui permettait enfin d’imaginer un futur.  De l’ennui d’une éternité incompréhensible, j’ai fait naître le temps  et mon espace infini et illimité s’est fragmenté en plusieurs petits espaces, des sphères, appelons-les les astres. Pourquoi des sphères ? Parce que ce sont des formes parfaites et  qu’étant la perfection même, je ne peux engendrer que la perfection.  

Et voilà donc mon univers remanié : des sphères froides et solides et des sphères de feu qui éclairent les  sphères solides et froides. J’ai inventé la lumière et le feu et structuré l’espace infini entre astres et vide intersidéral.  Des myriades de sphères, des zones lumineuses et des zones sombres. Un gigantesque billard dont j’envoie les boules se noyer dans des trous noirs.  Un spectacle fantastique qui m’a impressionné alors même que j’en suis pourtant le créateur.  Je joue aussi aux boules tamponneuses dont les collisions provoquent de nouvelles boules de feu dont les fragments partent dans tous les sens. Fragments qui vont percuter les sphères solides.  C’est amusant, au lieu de passer mon temps à contempler l’immense trou noir que constituait mon nombril, je peux désormais admirer  les amas stellaires de cet univers toujours infini mais éclairé.  C’en est fini de l’ennui, j’ai créé un univers de rêve.  Et petit à petit, par le jeu de ma volonté, j’organise toutes ces sphères en des univers totalement différents qui se font et se défont régulièrement. 

C’est en fini de l’ennui ! Et bien non ! Au bout d’un moment, il se réinstalle, car en créant cet univers de rêves,  je lui ai conféré ses propres règles dont je me rends compte qu’elles échappent finalement à mon pouvoir ! Lorsque je lance une boule dans l’espace intersidéral, elle suit une trajectoire dictée non par ma volonté mais par des règles de physique et de mathématiques qui se sont créées en même temps qu’elles. Et une fois ces règles maîtrisées, le jeu a tout de suite moins d’intérêt surtout lorsqu’on y joue seul !  C’est vrai que c’est bien, mais mon désir de changement est à la mesure de l’infini qui me définit.  Et cela ne m’a plus suffi.  Mon côté positif me disait de m’arrêter là, le mieux étant l’ennemi du bien. Mais mon côté négatif, celui toujours insatisfait,  me poussait à continuer à créer.  Car c’est bien l’insatisfaction qui motive à créer.  J’en suis la meilleure preuve,  si je m’étais satisfait d’être l’alpha et l’omega, le tout et le rien, le plein et le vide,  etç, vous tous ne seriez pas là en train de vous demander d’où vous venez, ni où vous allez sans savoir pourquoi ni comment. 

Dans mon nouvel univers, je contemple le mouvement des nébuleuses et celui des astres qui circulent sur des trajectoires réglées comme du papier à musique avec de temps en temps quelques altérations (une météorite qui se détache et va percuter une planète créant quelques jolis anneaux satellite, par exemple), la béatitude de la perfection. Mais il n’y a pas de situations plus désespérées que la plénitude, la béatitude, la perfection.  Si tout est parfait, il n’y a plus d’espoir possible puisque tout espoir vise un mieux. Mais heureusement, si la perfection engendre la satisfaction, la satisfaction génère l’ennui.   

Et c’est ainsi que j’ai été attiré par une planète dans une de ces nébuleuses, une petite planète d’apparence insignifiante, plus petite que les autres, qui comme les autres tournait sur elle-même tout en tournant autour de son soleil avec un tout petit satellite qui tournait autour d’elle. Le mouvement perpétuel de toutes les planètes sur leur trajectoire orbitale. Pourquoi celle-là a-t-elle attiré mon attention ?  Elle me semblait nimbée d’une atmosphère particulière qui explique le coup de foudre, le premier que j’ai échangé avec elle.   J’ai su que, grâce à elle, ma vie allait changer.  Entre elle et moi, désormais il y aurait une longue histoire.

 


02/09/2021
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La belle Italienne

Soudain, elle lui était apparue sous le soleil. 

Belle,  plus attirante, et même plus provocante encore que la première fois qu’il l’avait vue… et surtout seule ! Pour la première fois depuis qu’il l’avait rencontrée, elle était enfin seule ! Il ferma un instant les yeux pour s’assurer qu’il ne rêvait pas, mais quand il les rouvrit, la belle était toujours là, attendant patiemment.

Depuis combien de temps déjà allait-il se promener dans ce quartier de la ville dans l’espoir de l’apercevoir pour  s’en mettre plein les yeux simplement en l’admirant de loin ?  La première fois que Valentin avait vu cette magnifique Italienne, elle attendait qu’on lui ouvrit de l’intérieur la grille d’une de ces maisons qui ressemblait à celles que l’on ne voit qu’au cinéma et que l’on ne met en vente que dans les magazines immobiliers de luxe.  Une maison dont le prix équivalait à plusieurs vies de travail pour son salaire…  Pas étonnant donc de l’avoir rencontrée là-bas. 

Valentin (Val pour les potes, c’était toujours mieux que ce prénom de Valentin qu’il jugeait un peu prétentieux, même si Val c’était plus pour les filles, mais il n’aimait plus le Tintin dont ses grands-parents l’affublaient, alors Val, c’était mieux que Valentin), Val donc  ne fréquentait pas ces quartiers habités par les VIP.  S’il y était allé, c’était parce que son employeur l’y avait envoyé effectuer une livraison en l’absence du livreur attitré pour ce secteur-là.   En arrivant dans cette banlieue de millionnaires, ce fut l’éblouissement. Valentin eut l’impression d’avoir atterri sur une autre galaxie. Tout était propre, beau et même la lumière du soleil était plus claire, plus nette, plus lumineuse. Le soleil brillerait-il donc autrement selon que l’on soit riche ou misérable ?   Rentré dans sa zone,  tout lui avait paru laid, terne, sale.  Il avait pris conscience soudain du sordide de son environnement habituel :  les poubelles qui débordaient, les  papiers sales et les canettes traînant sur les trottoirs, les traces de vomissures au pied des murs, les lampadaires cassés, l’odeur d’urine le long des murs sur lesquels s’étalaient des graffitis aussi laids qu’ immondes,  les SDF qui vivaient sous leurs cartons dans l’indifférence,  les voitures  déglinguées, les panneaux de signalisation tordus voire arrachés ...    

Cette beauté qu’il avait aperçue devant la barrière automatique aurait-elle été aussi irrésistible dans la grisaille et le décor misérable de son quotidien ?  Mais comment imaginer qu’elle pût débarquer un jour dans les rues pourries qu’il parcourait pour se rendre à son boulot minable ?  Elle n’imaginait peut-être même pas l’existence de cette banlieue sordide, se dit-il. Rien ne l’obligerait sûrement jamais à la traverser une seule fois, fut-ce en vitesse. Son vieux lui faisait fréquenter d’autres endroits.

Dans l’espoir de la revoir même de loin, Val était retourné plusieurs fois dans le haut de la ville, là où tout n’était que luxe, calme et volupté. La vision de ce quartier de riche lui avait remis en mémoire ce vers appris au temps où il fréquentait encore l’école à laquelle il n’accrochait pas. Un temps où il trouvait la poésie un art ridicule.  Il avait été étonné qu’un homme pût écrire de telles choses et il avait bien rigolé avec ses copains en apprenant que Baudelaire écrivait sous l’influence de la drogue.  Depuis lors, il avait décroché de l’école à cause de la dope justement. Mais ce n’était sûrement pas la même que celle consommée par ce Charles (il avait retenu le prénom, car c’était celui de son grand-père) Baudelaire.  La dope que lui fournissait son dealer habituel ne lui inspirait aucune poésie.  Valentin avait décroché de la drogue aussi, sauf de temps en temps, pour faire la fête entre copains au cours de rave party qui se terminaient par l’arrivée des keufs. Il était fier d’avoir su trouver un boulot. Pas bien payé, mais un boulot quand même. Il travaillait comme livreur de pizzas. « Y a pas de sot métier »  lui répétait sa grand-mère.  « Y a que des sottes gens » ajoutait son grand-père. « Des sottes gens qui critiquaient ce qu’ils croient être des sots métiers » se croyait-il obligé de préciser.  Mais maintenant, Val se demandait si son grand-père ne lui disait pas de cette manière qu’il ne devait pas se conduire sottement comme il le faisait en négligeant ses études.  « Y a que l’instruction qui te fait grimper à l’échelle, disait le grand-père, moi je n’en ai pas eu l’occasion, alors profites-en ». Valentin à ce moment-là haussait les épaules. Il devait bien y avoir d’autres moyens de gravir l’échelle sociale que de se farcir la tête avec les choses inutiles qu’on trouvait dans les livres.

S’il n’avait pas abandonné l’école, aurait-il fait partie de l’élite perchée sur la colline verdoyante qui surplombait la ville en lui tournant le dos ? se demandait Valentin. Si c’était le cas, il avait été bien bête de ne pas plus s’intéresser aux mathématiques, aux sciences, à la littérature. Mais il avait tout lâché, avait même décroché de l’enseignement technique et des formations professionnelles.  Les encouragements de ses grands-parents n’avaient servi de rien.  Un jour, sa grand-mère était tombée malade.  Et puis elle était partie vers cet ailleurs mystérieux qu’on appelle la mort, d’où l’on ne revient pas, et où se trouvait déjà la mère de Valentin. Son père peut-être aussi d’ailleurs, mais celui-là Valentin ne l’avait jamais connu.   La mort de sa grand-mère avait été le déclic pour Valentin qui avait alors  accepté des petits boulots merdiques pour montrer à son grand-père, l’unique parent qui lui restait, qu’il n’était pas trop sot. En livrant ses pizzas, il s’était rapproché de la colline. Mais certes pas comme il l’eut souhaité. 

Sur ces hauteurs verdoyantes s’étageaient ces villas modernes aux formes harmonieuses et géométriques dont les grandes baies vitrées donnaient sur des piscines avec vue panoramique sur la vallée.   Évidemment,  on n’apercevait pas de la rue ces fameuses piscines.  C’est un ami qui lui en avait parlé et il en avait vu les photos dans un des magazines que sa grand-mère rapportait de la salle d’attente du médecin qui lui avait proposé d’emporter chez elle les exemplaires qui lui plaisaient.  Ça ne lui coûtait pas grand-chose au toubib. C’était des magazines vieux de plusieurs mois, aux pages défraîchies et usées à force d’avoir été tournées par les patients avant d’entrer déballer toute leur souffrance dans le bureau du médecin qui n’avait sûrement ni le temps ni l’envie de lire les journaux que son épouse déposait dans sa salle d’attente. Sa grand-mère par contre  les dévorait d’un bout à l’autre avant d’en utiliser les pages pour emballer les épluchures de légumes ou pour les placer au fond du bac de la litière du chat. C’était plus facile pour nettoyer le récipient.  Le grand-père riait de voir le chat se soulager sur les photos des people et de leurs maisons luxueuses. Après la mort de la grand-mère, le chat avait quitté la maison. On ne le revit plus.  Valentin fut soulagé, il aimait leur chat, mais, pas plus que son grand-père, il n’aimait nettoyer les excréments de leur animal de compagnie.  Et le grand-père n’allait jamais chez le médecin.  Les magazines aux pages de papier glacé disparurent de leur appartement.

Les maisons sur la colline étaient cachées derrière des murs surmontés de hauts arbres, des grilles d’entrée qu’on n’ouvrait de l’extérieur qu’avec un code secret et un badge magnétique, des sonnettes qui activaient des caméras permettant aux habitants de décider s’ils ouvriraient ou pas.  Lui, on lui avait ouvert, mais on ne l’avait pas fait rentrer, il n’avait aperçu la maison et le jardin que par la grille entrouverte. Il n’en revenait pas que les bourges qui occupaient ces villas se fassent livrer des pizzas. Mais en voyant deux ados venir lui ouvrir la grille, il avait compris que c’était des jeunes qui faisaient sûrement une teuf en l’absence des parents et des domestiques. Ces mêmes jeunes friqués qui n’hésitaient pas d’ailleurs à venir s’encanailler en fréquentant les mêmes raves party que lui et ses potes, sans toutefois jamais se mêler à ses semblables.  Les huiles et l’eau, ça ne se mélange pas. Faciles à identifier les huiles d’ailleurs, rien qu’en regardant leurs fringues, leurs coiffures et les véhicules avec lesquels ils arrivaient.  Mais il n’y avait jamais vu celle qui lui réveillait des papillons de désir dans le ventre. Il s’en serait souvenu.  D’ailleurs, le vieux qui était toujours aux basques de la belle n’avait plus l’âge pour participer à des raves dans des hangars miteux.

Etre riche même quand on est vieux et moche, c’est quand même plus intéressant qu’être beau et  jeune, mais sans le sou. « C’est le cul et l’écu qui mènent le monde » aimait à répéter le grand-père de Valentin.    En repensant à la merveille, Valentin se disait qu’il ferait meilleure figure avec elle que le bellâtre à la chevelure argentée qui se pavanait à ses côtés dans un perfecto rouge et noir qui devait coûter la peau des fesses et les fesses en plus.  « Mon cul est pourtant plus beau que le sien et tous ses écus réunis ».Mais il devait bien reconnaître que les fesses du vieux bellâtre étaient moulées de manière plus séduisante que les siennes.   La jalousie le taraudait. D’un autre côté, Valentin imaginait la tête de ses potes s’il pouvait se montrer devant eux au moins une fois avec l’idole dont les courbes sensuelles hantaient son sommeil.

Il essaya bien de remplacer le livreur qui avait la colline des riches dans son secteur.  Son collègue, Julien,  lui reprocha de vouloir lui ôter les généreux pourboires qu’on lui donnait là-bas.  Pourboire ? Quel pourboire ? Il se rappela qu’on lui avait tendu quelques billets. Mais les pizzas avaient été commandées et payées directement online dans la journée.  Il les avait livrées aux clients et avait tourné le dos en refusant l’argent qu’on lui avait tendu : « C’est déjà payé », avait-il répondu avant de partir. L’autre ado n’avait pas insisté. Il avait dû se dire qu’il était tombé sur un livreur de pizza complètement con. « Une prochaine fois, je ne serai pas aussi bête, se dit Valentin », mais quelle prochaine fois ?   Il n’aurait sûrement plus avant longtemps  l’occasion d’aller y faire une livraison.

Mais cela ne l’empêchait pas de retourner régulièrement sur la colline.  Personne n’y circulait jamais à pied et aucune voiture n’était jamais garée sous les arbres bordant la rue qui serpentait entre les villas de luxe.   Val avait pris le vieux vélo de son grand-père pour s’y rendre sans se faire remarquer. Il s’y savait pourtant suivi par le regard des caméras, à peine camouflées par les arbres, placées au-dessus de tous les portails d’entrée de ces villas de luxe protégées comme des forteresses du Moyen-Age.  Il imaginait les agents de sécurité en train de surveiller la rue derrière leurs écrans, comme dans les films de l’inspecteur Colombo que son grand-père adorait regarder. Pourtant, il n’y avait jamais d’action ni de suspens dans ces films où un inspecteur à l’imperméable fripé finissait par arrêter le meurtrier sans jamais utiliser son arme. C’était nul, même si son grand-père lui disait qu’il n’y connaissait rien.  Sauf que les mauvais étaient toujours des riches, ça change des préjugés ordinaires, disait son grand-père. Et puis c’était bien que le spectateur puisse avoir une longueur d’avance sur le policier dans le film. Et puis fiston n’oublie pas qu’on ne doit pas juger les gens sur leur apparence : Colombo il joue toujours les naïfs et les cons, et les coupables ne se méfient pas et ils tombent dans son piège. Et l’imperméable fripé de l’inspecteur pouvait rencontrer les belles aux courbes sensuelles qui faisaient le bonheur des vieux friqués aux fesses moulées dans des jeans hors de prix.

Valentin enfourchait donc son vieux vélo et montait aussi souvent qu’il le pouvait dans ce quartier résidentiel. Et voilà enfin, il apercevait la belle qui l’empêchait de dormir et le faisait rêver les yeux ouverts. Seule devant la grille ouverte ! Mais que faisait-elle donc là, pourquoi n’était-elle pas entrée avec son vieux bellâtre ? 

Mais l’important n’était-ce pas de la rencontrer seule ? Val abandonna son vélo et s’approcha…

Il n’en revint pas de la simplicité avec laquelle cette rencontre s’était passée et la facilité avec laquelle ils partirent ensemble.

Il savait qu’ils étaient faits l’un pour l’autre ! Il pouvait enfin caresser ses courbes moelleuses, s’enfoncer dans son corps de rêve et le faire vibrer ! Elle répondait à tout ce qu’il lui demandait !  Ils consommèrent leur union dans ce décor idyllique : le ciel si bleu au-dessus de la mer scintillante et les parfums de la colline loin au-dessus des bas-fonds de la ville. Elle l’emmena vers  l’extase, il se sentit envoler vers le paradis et ils se confondirent dans l’éblouissement d’une explosion de plaisir.

« Alors, vous l’avez retrouvée ? »

« Oui, monsieur, mais malheureusement, ils se sont écrasés au pied de la falaise »

« Ce n’est pas possible ! Je l’avais laissée devant la grille le temps d’aller rechercher mon téléphone et il a fallu que la caméra de surveillance soit en panne à ce moment-là ! Une telle merveille, que j’entretenais depuis au moins vingt ans. Je l’avais ramenée d’Italie. »

«Vous avez commis l’erreur de laisser les clefs sur le contact, ça a suffi pour que ce jeune délinquant l’emmène pendant votre courte absence. Vos voisins m’ont dit l’avoir vu rôder plusieurs fois dans votre quartier. Une belle Italienne, ça fait forcément envie ! »

 

 

 


29/08/2021
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C'était un 28 juin

28 juin

10e messidor, jour de la faucille, un outil agricole dont l’utilisation remonte au paléolithique supérieur, symbole de la classe paysanne pour le parti communiste. Utilisée comme arme de combat au XVIe siècle, il existe des traités de techniques de combat à la faucille…

1838 couronnement de la reine Victoria du Royaume-Uni. Elle règnera jusqu’à sa mort le 22 janvier 1901, un des plus longs règnes de son époque. Mais ce record a été battu par Elizabeth II. Victoria est surnommée la grand-mère de l’Europe : avec Albert de Saxe Cobourg Gotha son époux, elle eut 9 enfants, 42 petits enfants dont 34 atteignirent l’âge adulte.  Plusieurs têtes couronnées et découronnées d’Europe font partie de sa descendance.  Elle transmit aussi le gène de l’hémophilie B, héritage empoisonné s’il en est.

1914 assassinat de François-Ferdi nand d’Autriche, neveu de l’empereur François-Joseph II d’Autriche et héritier du trône austro-hongrois, à Sarajevo en Bosnie-Herzegovine par un nationaliste serbe Gavrilo Princip. Ce coup de feu mortel  sera le premier de tous ceux tirés au cours d’un conflit qui va embraser l’Europe et le monde pendant quatre ans avec des millions de morts et la chute de la plupart des royaumes et empires austro-hongrois, russe, allemand et ottoman. Et les conditions de paix qui suivirent cette première guerre mondiale entraînèrent des conséquences favorisant un nouvel embrasement mondial vingt ans après la fin du premier.

1919 signature du traité de Versailles  le jour anniversaire de l’attentat de Sarajevo entre l’Allemagne et les Alliés après la fin de la Grande guerre, imposant à l’Allemagne des réparations économiques et une restriction drastique de ses capacités militaires ainsi que des remaniements territoriaux et l’abandon de sa puissance coloniale.  Vingt ans plus tard on en paiera les conséquences…  La signature du traité de Versailles eut une autre conséquence :  l’anglais fut pour la première fois choisi comme seconde langue officielle diplomatique à cette occasion alors que jusque là le français était la langue officielle de la diplomatie occidentale.

1577 naissance du peintre flamand Pierre-Paul Rubens, que l’on ne présente plus !

1712 naissance de Jean-Jacques Rousseau, écrivain, philosophe mais aussi musicien français : Du contrat Social, Julie ou la nouvelle Héloïse, Emile ou de l’éducation,  Les confessions, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes.

1867 naissance de Luigi Pirandello, écrivain italien, Prix Nobel de littérature en 1934. A chacun sa vérité, Six personnages en quête d’auteurs, Un, personne et cent mille, Ce soir on improvise

2012 décès de l’écrivain français Robert Sabatier : Les Allumettes suédoises, Trois sucettes à la menthe, Les noisettes sauvages, Les fillettes chantantes, David et Olivier, Olivier et ses amis, La souris verte

 


28/06/2021
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Cela est survenu un 5 juin

5 juin

17e prairial, Jour du sureau, en latin sambucus. Les baies crues du sureau appréciées des oiseaux sont toxiques pour les êtres humains, mais cuites elles deviennent savoureuses en confiture, liqueur, vin, sirop et vinaigre.  Les fleurs peuvent aussi entrer dans la fabrication de boissons alcoolisées : la Sambuca est une liqueur à base d’anis étoilé, de réglisse et de fleur de sureau (qui se dit sambuco en italien). Les baies de sureau servent aussi à faire de l’encre. De ses branches évidées,  on peut réaliser des instruments à vent : mirliton, fifre ou sifflet et même flûte. Et je ne parlerai pas de ses multiples propriétés phytothérapeutiques.

1662 Louis XIV choisit le soleil comme emblème. On a beau être le Roi Soleil, ça n’empêche pas d’avoir de nombreuses zones d’ombre.

1832 instauration du franc belge qui survivra jusqu’en l’an 2000 où il sera supplanté par l’euro.

1883 premier départ de l’Orient Express de Paris depuis la gare de Strasbourg vers Constantinople. Et cocorico, c’est un Belge, Georges Nagelmackers qui est à l’origine de ce train légendaire. En octobre 1872, il crée la société « Georges Nagelmackers et Cie » avec le soutien de Léopold II. En 1876, il fonde à Bruxelles la « Compagnie internationale des wagons-lits » qui devient en 1884 la « Compagnie internationale des wagons-lits et des grands express européens » En 1882, la Compagnie des wagons-lits lance un aller-retour Paris-Vienne exceptionnel dans un train de luxe baptisé « Train Éclair ». Le succès de ce trajet pousse Nagelmackers à prolonger vers Constantinople, et c’est ainsi que le 5 juin 1883 est lancé sur les rails l’Express d’Orient nommé aussi Orient Express dont la carrière sera mise à mal par la guerre froide entre l’est et l’ouest. Un train source d'inspiration littéraire et cinématographique : Hercule Poirot sous la plume d’Agatha Christie résoudra Le crime de l’Orient-Express, Ian Fleming y fera monter James Bond pour un voyage particulièrement mouvementé dans Bons baisers de Russie, Graham Greene y fera un Voyage avec ma tante (la sienne, pas la mienne), Une femme disparaît grâce à Alfred Hitchcock dans ce train qu’il ne nomme pas mais que tout le monde reconnaît.

1882 on inaugure le musée Grévin à Paris

1826 décès du compositeur Carl Maria Von Weber : auteur de Der Freischütz mais aussi d’un Rondo brillant en ré bémol majeur, plus connu sous son titre d’Invitation à la valse qu’il avait dédié à son épouse. Sa cousine Constance a été l’épouse de Mozart.

1898 naissance du poète et dramaturge Federico Garcia Lorca : La maison de Bernarda Lorca, Dona Rosita, la soltera ou Le langage des fleurs, Noces de sang

1962 naissance de la princesse Astrid de Belgique, archiduchesse d'Autriche-Este (excellent exercice de diction), duchesse de Modène, duchesse de Saxe, princesse de Hongrie et de Bohème. Bon anniversaire à toutes ces dames. 

 

Le 5 juin est aussi la journée mondiale de l’environnement. Prenez soin de lui comme vous prendriez soin de vous-même.

 

 


05/06/2021
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Autour du 4 juin

4 juin

Jour de l’œillet, symbole de l’amour dans le langage des fleurs : amour fidèle pour les oeillets blancs, amour partagé pour les oeillets rouges. Signifie engagement et fidélité dans la peinture au Moyen Age. Attention, ne pas en offrir aux comédiens, il paraît que ça leur porte malheur. Le blanc est la fleur des morts en Europe du sud tandis qu'en Turquie les morts préfèrent l’œillet rouge. L’œillet encore vert porté à la boutonnière était un signe de reconnaissance entre homosexuels en Angleterre victorienne. La lutte contre le dictateur Salazar au Portugal s'est appelée la révolution des oeillets, les conjurés portaient en effet un oeillet rouge à la boutonnière comme signe de ralliement. L'oeillet a la caractéristique de résister environ 15 jours avant de faner après avoir été coupée, d'où le choix de cette fleur pour décorer une boutonnière. Quand l'oeillet n'est pas une fleur, c'est le nom donné à la pièce métallique servant à renforcer les perforations d'une ceinture, d'un bracelet de montre, une courroie ou une bâche. 

1831 Leopold Ier est choisi comme roi des Belges

1944 les troupes alliées entrent dans Rome

1970 : en France un décret supprime la notion de chef de famille, désormais prévaut l’autorité parentale conjointe.

1783 Les frères Montgolfier font voler leur première montgolfière avec succès

1996 Vol inaugural d'Ariane 5

1944 naissance d’Antoine, chanteur français dont les Elucubrations deviendront aussi célèbres que sa chemise à fleurs

1798 mort de Casanova , violoniste, ecrivain, magicien, espion, diplomate, bibliothécaire …aventurier et séducteur en dépit du fait qu’il n’était pas très beau si l’on en croit le prince de Ligne : « Ce serait un bien bel homme s’il n’était si laid… »

2004 décès de l'acteur et réalisateur italien Nino Manfredi : Ci siamo tanto amati, Brutti sporchi e cattivi, Le avventure di Pinochio dans lequel il avait joué le rôle de Geppetto, Pane e cioccolata. 

 


04/06/2021
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Autour du 3 juin

3 juin

15e jour du mois de prairial dans le calendrier républicain français, jour de la caille. Selon la Bible, c’est la nourriture que Dieu envoya avec la manne dans le désert  aux Hébreux après les avoir délivrés du pharaon. On attribuait à la caille des propriétés aphrodisiaques, d’où le fait qu’elle était au menu des repas orgiaques. Au moyen-âge, le cœur de caille entrait dans la composition des filtres d’amour tandis qu’au XVIe siècle, les médecins conseillaient aux hommes de porter sur eux un cœur de caille pour entretenir leur vigueur sexuelle et entretenir la flamme conjugale.  Par extension une caille signifiait une prostituée. Une caillette désignait une femme frivole et bavarde.   Mais il paraît qu’au Japon, la caille était le symbole de l’amour et de la fidélité.

 

1875 : décès du compositeur Georges Bizet,  père de Carmen et de l'Arlésienne, cette dernière, personne ne l’a jamais vue. 

1899 : décès du compositeur Johann Strauss fils, mais le Beau Danube bleu (qui n'est pas bleu du tout) n'en finit pas de couler,

1924 décès de Franz Kafka qui allait subir ainsi la Métamorphose à laquelle tous les êtres vivants sont condamnés.

1906 naissance à Saint Louis dans le Missouri de Josephine Baker, "J'ai deux amours, mon pays et Paris »

1950 naissance de Francesco Barracato, chanteur, connu sous son nom d’artiste Frederic François

1963 décès du pape Jean XXIII, en italien : il papa buono, un pape d'une grande simplicité mais qui a créé la surprise en ouvrant le concile vatican II ( avant la fin duquel il décédera) qui allait tenter de mettre les pendules de l'Eglise catholique à l'heure de la modernité. Les langues nationales remplacent le latin dans les offices religieux. Les prêtres renoncent à la soutane. Les robes des religieuses raccourcissent. Le prêtre célèbre la messe désormais face aux fidèles au lieu de leur tourner le dos. Il y a surtout une volonté d'ouverture œcuménique.

Le 3 juin est la journée mondiale de la bicyclette.

 


03/06/2021
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Autour du 2 juin

2 juin

Jour de l’acacia dans l'ancien calendrier républicain français. L'acacia est aussi appelé robinia. Le terme acacia est dérivé du grec akis qui signifie pointe, la plante étant en effet dotée d'épines qui repoussent ses prédateurs. Ses feuilles sont aussi potentiellement toxiques. Mais l'acacia a des fleurs odorantes mellifères et le miel d'acacia est particulièrement parfumé, de consistance toujours liquide. Une variété d'acacia est le mimosa. 

1857 naissance d'Edward Elgar, compositeur anglais, auteur du célèbre Pump and circonstances, série de cinq marches pour orchestre dont la première, Land of Hope and Glory est la plus connue, utilisée jusqu'en 2006 comme hymne anglais lors des Jeux du Commonwealth

1882 décès de Garibaldi, un des pères de la patrie italienne, héro du Risorgimento qui a conduit à la constitution d’une Italie unifiée. Surnommé le Héros des deux mondes car il a réalisé des entreprises militaires en Europe mais aussi en Amérique du Sud.

1946 : un referendum signe la fin de la monarchie en Italie qui désormais deviendra une république. Le 2 juin est la fête de la république en Italie, et donc fête nationale chômée. Voilà qui a dû réjouir Garibaldi, républicain convaincu mais qui avait accepté de renoncer à cet idéal pour reconnaître l'autorité royale plus utile pour fédérer l'Italie à son époque. 

1953 en Angleterre, couronnement de la reine Elizabeth II devenue reine à la mort de son père en 1952. Première transmission internationale par la télévision en Eurovision

2014 le roi Juan Carlos d’Espagne abdique en faveur de son fils Felipe

1904 naissance de Johnny Weissmuller, cinq fois champion olympique en natation , 5 médailles d’or. Il fut le premier à avoir nagé le 100 mètre (nage libre) en moins d’une minute. Ayant contracté la poliomyélite à l’âge de 9 ans, son médecin lui conseilla la natation en guise de rééducation… et pour participer aux Jeux olympiques il avait falsifié ses papiers en se faisant passer pour son plus jeune frère, américain de naissance, ce que Johnny n’était pas. Il sera titré cinquante-deux fois champion des Etats Unis et battra 28 records du monde. Mais il est aussi connu pour avoir interprété douze fois le personnage de Tarzan au cinema.

 

Journée du tourisme responsable

On fête les Blandine.

 


02/06/2021
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31 mai

 

31 mai

 

1910 Baden-Powell crée les guides (version féminine des scouts)

1578 pose de la première pierre du Pont- Neuf à Paris. Neuf parce qu’il n’est pas couvert et il est dénué d’habitations ce qui était effectivement innovant à l’époque même si au départ il était prévu qu’il y en aurait (d'ailleurs il y a eu des caves dans les arches et les pilasses au début), équipé de trottoirs et premier pont de pierre reliant l’île de la cité aux deux berges de la Seine. Ce Pont-Neuf est actuellement le plus ancien de Paris. 

1859 : Big Ben sonne pour la première fois l’heure à Londres. Deux mois après son installation, la plus grosse cloche s’est fissurée, ce qui lui donne sa sonorité typique. Elle n’a pas été remplacée, mais a été orientée de telle sorte que le marteau ne cogne pas la fissure. Le carillon de Big Ben joue le Westminsters Quarters, mélodie consistant en 5 permutations de quatre notes dans la tonalité de mi majeur : si, mi, fa#, sol#. Big Ben sonne les heures, les autres cloches du carillon sonnent les quarts et la demie.

1887 naissance du poète français Saint-John Perse, prix Nobel de littérature en 1960

1902 fin de la guerre des Boers en Afrique du Sud qui opposait les paysans, premiers colons Sud Africains d'origine européenne aux Anglais. Guerre au cours de laquelle les Anglais développèrent le principe des camps de concentration : on y internait des familles boers dont les fermes avaient été brûlées par les Anglais qui pour vaincre les Boers pratiquaient la politique de la terre brûlée.  

1930 naissance de l’acteur américain Clint Eastwood

1923 naissance de Rainier III de Monaco, celui qui allait mettre la main au collet et la bague au doigt à Grâce Kelly

1809 décès du compositeur autrichien Joseph Haydn, qui, avec Mozart et Beethoven, forme la trinité classique viennoise

1910 décès d’Elizabeth Blackwell, première femme, inscrite en tant que telle, diplômée en médecine par une université aux États-Unis (et pour en savoir plus à son propos, j’invite ceux qui ne l’ont pas encore à se procurer mon livre Les filles d’Hippocrate, Editions Acrodacrolivres 2014, où tout un chapitre lui est consacré). Laissez-moi un petit commentaire si vous souhaitez vous procurer ce livre

Journée mondiale sans tabac

On fête les Petronille et les Péronnelle (j’en connais mais ne les nommerai pas) « Quand mouille Pétronille sa jupe au long du jour, elle est quarante jours à sécher ses guenilles. » Ce 31 mai 2021 tout va bien, sa jupe reste sèche.

 

 


31/05/2021
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Autour du 28 mai

28 mai

Jour du serpolet : une variété de thym rampant,

-585 AC : bataille de l’Eclipse. Une bataille opposant les Mèdes et les Lydiens en Anatolie s’arrêta en raison d’une éclipse totale de soleil, ce qui fut perçu comme un signal envoyé par les dieux pour mettre fin au combat. « Lors de la sixième année, une bataille eut lieu, lors de laquelle, après que le combat eut commencé, le jour devint soudain la nuit. Et ce changement dans le jour,  Thalès  en avait prévenu les Ioniens. Les Lydiens et les Mèdes cependant, quand ils virent que le jour s'était transformé en nuit, cessèrent de combattre et furent résolus à faire la paix. »raconte l’historien Hérodote. Les éclipses devraient être plus fréquentes.  

1805 décès de Luigi Boccherini, compositeur de musique de chambre et violoncelliste italien, « Je ne puis juger si j'ai fait quelque chose de bon, mais je sais bien que la musique est faite pour parler au cœur de l'homme ; et c'est à quoi je m'efforce de parvenir, si je le puis : la musique privée de sentiment et de passions est insignifiante ; d'où il résulte que le compositeur n'obtient rien sans les exécutants » a-t-il écrit. Le troisième mouvement du quintette à cordes avec deux violoncelles en mi majeur opus 11 no 5 (G.275) désigné « menuet de Boccherini » est particulièrement connu.

1738 naissance de Louis Guillotin dont le nom est associé à un couteau assez particulier. D’ailleurs on se demande pourquoi le nom de cet instrument de mort a été féminisé ? On aurait pu l’appeler le guillotin tout simplement. Louis Guillotin a fait ses études dans un collège de jésuites. Le docteur Guillotin avait proposé en  1789 que  tous les délits de même genre soient punis par le même genre de peine sans tenir compte du rang du coupable, que la décapitation soit le seul supplice adopté et que l’on utilise une machine pour la peine capitale plutôt que la main du bourreau par principe d’égalité et pour éviter des souffrances inutiles au condamné Mais Guillotin souhaitait aussi un futur où la peine de mort serait finalement abolie.

1787 décès du compositeur allemand Leopold Mozart, plus connu comme le père de son très célèbre fils Wolfgang Mozart, LE Mozart, dont il a été aussi le professeur. Et l’élève a largement dépassé le professeur mais Wolfgang serait-il devenu Mozart s’il n’avait pas eu Leopold pour père ?

1849 décès d’Anne Brontë, une des trois sœurs Brontë dont l’œuvre est moins connue que celle d’Emily ou de Charlotte. Elle est l’auteur d’Agnès Grey, et de La recluse de Wildfell Hall, publiés sous le nom d’Acton Bell. Au XIXe, les femmes avaient peu de chances d’être publiées, d’où leurs pseudonymes masculins.

1908 naissance de Ian Fleming, officier du renseignement naval et auteur de romans d’espionnage. Il est le père de Bond, James Bond.  Ce personnage qu’il a mis en scène dans douze romans et neuf nouvelles et que le cinéma rendra célèbre a été nommé ainsi d’après le nom d’un ornithologue.  Après la mort de Ian Fleming, la maison d’édition recruta d’autres auteurs pour poursuivre la vie de James Bond. 

1948 naissance du chanteur-compositeur belge Pierre Rapsat

2003 décès d’Ilya Prigogine : chimiste et physicien belge d’origine russe, Prix Nobel en 1977

2017 décès de l’acteur, réalisateur et scénariste français Jean-Marc Thibaut, qui a formé un duo comique avec Roger Pierre.

On fête les Germain et les Germaine (qu’ils soient vos cousins ou cousines ou pas)

 

Belle journée à tous

 

 


28/05/2021
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A propos du prince Philip

En écoutant les différents hommages rendus au prince Philippe d'Angleterre, on entend toujours la même réflexion : en épousant la reine Elizabeth II, il a dû renoncer à son nom qu'il n'a pas pu donner à ses enfants, sa nationalité, sa carrière sans parler de sa religion. Je ne doute pas que ces sacrifices ont dû lui être pénibles. Mais il ne vient à personne l'idée de souligner que les sacrifices consentis par ce prince sont ceux auxquels ont consenti non seulement toutes les épouses de roi mais finalement toutes les femmes lorsqu'elles se mariaient. A son mariage, une femme prenait le nom et la nationalité de son mari, ne pouvait pas donner son nom à ses enfants et combien de femmes n'ont-elles pas sacrifié leur carrière pour élever leurs enfants et permettre celle de leur mari ? Pour citer un exemple : combien de femmes diplômées ayant épousé un médecin ne sont-elles pas devenues le conjoint aidant de leur époux ? Alors que la situation inverse pour peu qu'elle existe est sûrement exceptionnelle ! Et notre reine Mathilde, diplômée en logopédie et psychologie ne peut plus exercer sa profession...

Les princes consorts vivent en fait ce que les femmes ont vécu et vivent encore... et même s'ils sont princes ça n'a rien d'enviable !

 


11/04/2021
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Petit lexique pour lecture critique 

 

 

Lire un article de façon critique,  interpréter les résultats d’une étude publiée dans la littérature,  comprendre l’utilité d’un test diagnostique nécessitent d’en connaître le jargon statistique et épidémiologique. (article que j'ai publié dans la Revue de la médecine générale n°262 avril 2009)

 

 

Evaluation de la valeur diagnostique d’un test

 

Le mot test dans cette rubrique peut signifier autant un symptôme ou un examen clinique qu’un examen complémentaire.

 

Reproductibilité d’un test 

Permet d’évaluer les résultats donnés par un test. On parle de reproductibilité intraobservateur lorsque le test est répété dans le temps chez les mêmes sujets par le même observateur  et de reproductibilité interobservateur lorsque plusieurs observateurs utilisent le test chez les mêmes sujets.

 

Résultats test

Maladie présente

Maladie absente

Total

>0

 

<0

total

a

 

c

a+c

b

 

d

b+d

a+b

 

c+d

a+b+c+d

 

 

 

 

 

Vrai positif

Le test est positif et la maladie est présente (a)

 

Vrai négatif

Le test est négatif et la maladie est absente (d)

 

Faux positif

Le test est positif et la maladie est absente (b)

 

Faux négatif

Le test est négatif et la maladie est présente (c)

 

Sensibilité d’un test 

Probabilité d’avoir un test positif quand on est malade : % de tests positifs dans une population malade. a/a+c

 

Spécificité d’un test

Probabilité d’avoir un test négatif quand on n’est pas malade : % de tests négatifs dans une population non malade. d/b+d

 

La sensibilité et la spécificité dépendent uniquement des qualités du test et de l’opérateur.

 

Un test avec un taux élevé de faux positifs est très sensible mais peut être peu spécifique.

Un test avec un taux élevé de faux négatifs est très spécifique mais peut être peu sensible.

 

Pour les tests diagnostiques, on privilégiera la spécificité pour limiter les faux positifs.

Pour un dépistage, on veut limiter les faux négatifs pour détecter un plus grand nombre de malades et on privilégiera la sensibilité du test. Dans le cas du dépistage du SIDA où il est important de ne rater aucun diagnostic on privilégie la sensibilité dans le premier test de dépistage

 

Valeur prédictive positive (VPP)

Probabilité d’avoir la maladie quand le test est positif : a/a+b

 

Valeur prédictive négative (VPN)

Probabilité de ne pas avoir la maladie quand le test est négatif : d/b+d

Les valeurs prédictives dépendent du contexte clinique (probabilité prétest) et des caractéristiques (sensibilité et spécificité) du test.

Plus le test est sensible, plus la valeur prédictive négative est meilleure et plus augmente l’assurance du médecin que le patient avec un test normal n’a pas la maladie.

Plus le test est spécifique, plus la valeur prédictive positive est meilleure et plus augmente la

certitude que le patient avec un test anormal est malade.

 

PROBABILITÉ PRÉTEST

Probabilité d’existence de la maladie d’après le contexte clinique avant la réalisation du test.

Un test négatif diminue la probabilité, un test positif l’augmente.

Un résultat de valeur prédictive dans une population donnée n’est pas applicable à une autre population

où la probabilité pré-test serait différente.

Un exemple est celui du diagnostic d’entorses de la cheville dont la probabilité pré-test est de 1 à

4% en médecine générale et 13 % dans les services d’urgence. Une probabilité pré-test faible

donne une valeur prédictive positive faible et une valeur prédictive négative augmentée.

PROBABILITÉ POSTTEST

Probabilité d’existence de la maladie après le test. Si un test n’a aucun faux positif, la probabilité

post test est de 100%

Le test idéal est celui qui est à la fois très sensible et très spécifique. Mais l’idéal étant rarement voire jamais atteint, on cherche des compromis et on utilise alors les éléments qui suivent.

 

Seuil de positivité

Le meilleur compromis entre spécificité et sensibilité d’un test c’est de définir la valeur optimale du seuil de positivité d’un test, c’est-à-dire le choix du seuil déterminant le normal et le pathologique ou l’état de malade ou non malade.

Le choix de la valeur seuil aura une influence sur le taux de faux positifs et faux négatifs. Selon le seuil choisi, il y aura plus ou moins de valeurs normales chez les patients malades ou de valeurs pathologiques chez les patients sains.(cfr tableau 1) Le seuil idéal est donc celui qui  permet de séparer totalement tous les positifs des négatifs sans faux positifs ni faux négatifs

Un test positif aura pour conséquence un examen complémentaire ou une attitude thérapeutique.

Ici intervient le rapport coût-bénéfice. Le coût est le fait de traiter à tort un individu non malade, le bénéfice est le fait de traiter à bon escient un individu malade.

Si les faux positifs et faux négatifs ont le même coût, on choisit comme seuil celui qui donne globalement le plus de diagnostic exact : vrais positifs + vrais négatifs / total patients.

Si les faux positifs ont un coût supérieur, on choisira un test de sensibilité plus faible même au risque d’un plus grand nombre de faux négatifs.

 

Courbe ROC

(Receiver Operating Charactéristics) est une courbe qui exprime la relation entre la sensibilité et la spécificité d’un test diagnostique. Cette courbe montre la relation entre le % de faux positifs et de vrais positifs suivant les différentes valeurs de  seuils de positivités possibles. Cette courbe se construit de façon empirique en calculant la sensibilité puis la spécificité d’un test pour différents niveaux de seuils de sensibilité. Sur l’axe des abcisses, la variable 1 – spécificité est égale au nombre de faux positifs parmi les non-malades.

Lorsque la courbe couvre la diagonale, le test est non informatif, le seuil ne permet pas de discriminer les positifs des négatifs, la proportion de tests positifs est la même chez les malades et les non-malades.

Plus la surface est grande, plus le test est puissant (cfr courbe ROC). Pour le dire autrement : plus la courbe ROC s’éloigne de la diagonale pour rejoindre l’angle supérieur gauche, plus le test est globalement puissant . Mais un test ne doit pas nécessairement être le meilleur toutes catégories confondues ( fig b : A et B sont les courbes ROC schématiques de deux examens entre lesquels on souhaite choisir. A a une meilleure spécificité et sensibilité que B. A sera préféré à B s’il n’a pas d’effets secondaires. C et D sont les courbes ROC schématiques de deux autres examens paracliniques. C est préféré si on veut privilégier la sensibilité, D est choisi si c’est la spécificité qui prime même au prix d’un plus grand nombre de négatifs… Bref on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre…

 

Précision du test

Ensemble des vrais positifs et vrais négatifs par rapport au total des tests effectués (a+d/a+b+c+d)

Cette valeur est particulièrement utile pour comparer différents tests pour une même maladie

 

Rapport de vraisemblance (RV)

Ce terme ne s’adresse qu’aux individus qui ont la maladie.

Le RV pour un test positif correspond au rapport du % des vrais positifs sur celui des faux positifs ou rapport sensibilité/faux positifs ou sensibilité/ (1-spécificité)

RV+ = 1 le test est inutile

RV+ > 2 ou 3 : test utile pour confirmer le diagnostic

Le RV pour  un test négatif est le rapport du % de faux négatifs sur celui des vrais négatifs ou % faux négatifs sur spécificité. (1-sensibilité/spécificité)

RV- < 0.5 test utile pour exclure le diagnostic.

 

 

Evaluation d’une étude

 

1) Différents types d’études

Essai clinique

Il s’agit d’une étude d’intervention où  l’on compare un groupe de sujets exposés à un facteur ou traités par la molécule à évaluer par rapport à un groupe contrôle

 

Etude prospective

Essai clinique réalisé dans le temps après réalisation d’un protocole d’étude.

 

Etude rétrospective

Analyses de résultats basée sur les dossiers antérieurs de patients.

 

Case report

Présentation de cas cliniques de patients traités ou présentant un problème déterminé sans comparaison avec un groupe témoins. Leur utilité est

surtout de poser les questions permettant de créer des protocoles d’étude.

 

Etude contrôlée

Le groupe traité par le médicament est comparé à un groupe témoin traité par placebo ou par molécule de référence. Ceci permet de tenir compte de l’évolution naturelle de la maladie et de l’effet placebo en cas de comparaison à un placebo.

 

Etude comparative

La comparaison doit se faire versus placebo et accessoirement versus une molécule de référence. Des raisons éthiques empêchent parfois la comparaison au placebo et on doit se contenter alors de l’étude comparative avec une molécule de référence. Mais les deux traitements pourraient dans ce cas se révéler également inactifs.

 

Etude randomisée

Les groupes comparés doivent être comparables et pour cela les patients doivent être pris par tirage au sort pour éviter les biais de sélection.

 

Etude en aveugle

Les études menées en double-aveugle permettent d’éviter le biais d’observation favorable au nouveau médicament. Ni l’investigateur ni le patient ne savent si le produit administré est le médicament testé ou le témoin (placebo ou médicament de référence).

Dans l’étude en simple aveugle, seul le patient ignore ce qu’on lui administre.

On fait aussi des études en « ouvert ». Pour un même médicament, les résultats des open label studies sont en général meilleurs que ceux des études en double-blind.

 

Etude transversale

On étudie un échantillon de patients sur une courte période pour un problème de santé déterminé. La fréquence de ce problème est calculé par la prévalence (cfr ultra)

 

Etude longitudinale

L’échantillon de patient est étudié sur une longue période et les résultats en début et en fin d’étude sont comparés entre eux

 

Etude de cohorte

Elle peut être prospective ou rétrospective et observe un groupe d’individus exposés à un ou des facteurs de risque pendant une période donnée pour voir si le groupe exposé court plus de risque que le groupe témoin. On calcule le risque par l’incidence et le risque relatif (cfr ultra)

 

Etude cas- témoin

Une étude cas témoin  sélectionne deux groupes de sujets malades et non malades puis étudie leur exposition à un facteur de risque pour déterminer son rôle dans la survenue de la maladie.

2) Biais et erreurs

La validité d’une étude est fonction des auteurs à éviter les biais ou erreurs.

Le biais de sélection (ou de diversité) : application de l’étude à des patients répartis de façon non strictement aléatoire dans les différents bras de l’étude.

Le biais de vérification : le test de référence n’est pas réalisé lorsque le test est négatif.

Les fluctuations d’échantillonnage : la répétition de la même étude sur un même échantillon et dans les mêmes conditions ne donnera pas nécessairement le même résultat du fait du hasard. On peut le réduire en augmentant la taille de l’échantillon et en utilisant des tests statistiques appropriés.

Les biais de classement sont liés à des erreurs d’observation.

 

3) Analyse statistique

Elle est indispensable pour évaluer la pertinence de l’étude en validant les résultats.

 

Valeur p

Cette valeur exprime la probabilité que la différence observée entre le groupe contrôle et le groupe traité soit due au hasard. Elle est comprise entre 0 et 1. Plus elle se rapproche de 0 et plus elle est significative car le risque d’erreur est plus faible. Un p<0.05 est généralement éxigé (moins de 5% de risque d’erreur).

 

Intervalle de confiance(IC)

Il s’agit d’une fourchette de valeurs contenant la valeur réelle du paramètre considéré

avec une probabilité donnée.

On l’exprime en % ou en déviations standards

L’intervalle [a,b] est centré sur la valeur numérique estimée du paramètre inconnu  et contient la valeur vraie avec un probabilité α fixée a priori. Cette probabilité permet de s'adapter aux exigences de l'application.

α est le coefficient de confiance. Une estimation par intervalle de confiance sera d'autant meilleure que l'intervalle sera petit pour un coefficient de confiance grand.

Cet intervalle de confiance peut être calculé pour toutes les valeurs citées.

Une valeur de 95% est souvent choisie pour l’IC, 95% de chances que la valeur réelle soit bien dans la fourchette des valeurs données.

 

 

 

Malades

Cas dans les enquêtes cas témoins

Non malades

Témoins dans les enquêtes cas témoins

Exposés

a

b

Non exposés

c

d

 

Prévalence d’une maladie (P)

C’est la proportion des individus atteints de la maladie étudiée par rapport au nombre total d’individus dans la population étudiée

P = a + c/ a+b+c+d

 

Incidence d’une maladie (I)

C’est la proportion d’individus atteints de la maladie par rapport au nombre total  d’individus présents dans la population étudiée et non malades au début de l’intervalle de temps donné pendant une période déterminée.

I = a+c/a+b+c+d par période définie (an, mois, décennie)

 

Risque attribuable

C’est la différence entre les taux de maladie chez les individus exposés et non exposés.

 

Risque absolu.

Il s'agit d'une proportion, un rapport entre le nombre d'événements observés et le nombre de patients, de sujets testés.  Cette proportion est le plus souvent exprimée en pourcent (%).

 

 

Risque relatif

Cette valeur correspond au rapport des taux de maladie chez les individus exposés et non exposés.

RR = (A/VA+B)/(C/C+D) à supprimer

Si RR = 1, cela signifie qu’il n’y a pas d’association entre l’exposition et la maladie. S’il s’agit de l’exposition à un traitement, RR=1 signifie que le traitement est inefficace.

RR < 1, le traitement sera jugé efficace

RR > 1, le traitement est nocif.

 

Odd ratio

Cette valeur permet d’estimer le risque relatif lorsqu’il est impossible de mesurer les risques de la maladie chez les sujets exposés et non exposés.

L’ods ratio (en français rapport de cote) est toujours supérieur au risque relatif sauf si la maladie étudiée est rare et le risque relatif faible. Dans ce cas les deux valeurs sont proches.

OR = AD/BC

Il s’agit d’une valeur utilisée surtout dans les études épidémiologiques rétrospectives, dans les enquêtes de cohorte ou dans les enquêtes de type cas/témoin.

 

Réduction du risque relatif

C’est l’expression en miroir du risque relatif. Elle ne tient pas compte de la fréquence réelle du risque dans le groupe témoin et ne permet donc pas de mesurer le bénéfice absolu d’une intervention. (Cette valeur est celle qui est le plus souvent présentée par les laboratoires pour présenter les résultats de leurs études …).

RRR = 1 – RR

 

Réduction du risque absolu

Elle exprime la différence entre le risque absolu dans le groupe témoin et celui du groupe traité. On l’exprime en % ou en différence d’incidence par 1000 années-patients. Cette valeur permet de relativiser la réduction du risque relatif.  Cette notion est capitale. C’est elle que nous devons traquer à la lecture d’une étude.

 

Nombre de sujets  à traiter

Number needed to treat : NST

Il s’agit du nombre de patients à traiter pour éviter un seul événement pathologique en traitant pendant le même temps qu’aura duré l’étude.

Elle est fonction inverse de la réduction du risque absolu.

NNT = 1/RRA

Cette notion est particulièrement utile pour connaître l’ampleur de l’utilité d’un traitement.

 

Toutes ces valeurs RR, OR, RRR et RAR doivent en principe être présentées munies de leur intervalle de confiance.

 

3) Metaanalyse

Il s’agit d’une méthode quantitative pour combiner les résultats d'études indépendantes (habituellement tirées de la littérature) et synthétiser les sommaires et les conclusions qui peuvent être employées pour évaluer l'efficacité thérapeutique, planifier de nouvelles études, etc.

On procède à l’analyse statistiques de données provenant de plusieurs analyses.

Les métaanalyses sont surtout utiles pour comparer des études aux résultats discordants ou de puissance insuffisante.

La métaanalyse est elle-même exposée à différents types de biais :

Le biais de publication : toutes les études sur le sujet n’ont pas été publiées

Le biais de sélection

Le biais d’extraction

Les résultats sont présentés comme dans le tableau 3.

La longueur des rectangles est proportionnelle à l’intervalle de confiance à 95 %.

Le trait vertical dans chaque rectangle a pour abscisse la valeur du RR ou de l’OR : si le trait est proche de la verticale d’abscisse 1, RR <1. Si le rectangle coupe la verticale : RR = 1 est contenu dans l’intervalle de confiance et donc la différence n’est pas significative.

Le rectangle le plus bas est calculé sur l’ensemble des essais c’est-à dire sur le total des patients. A gauche de la verticale d’abscisse 1, les études sont positives, à droites elles sont négatives.

(Dans l’exemple défini par le tableau3 le résultat global de la métaanalyse est positif).

 

 

Pour en savoir plus

 

  1. Pestiaux D, Bouilliez DJ, Bouniton Marc, Denis B et al : L’information médicale, une jungle à déchiffrer. Ed Quorum Ottignies 1997
  2. Junod A. F. : Décision médicale ou la quête de l’explicite. Med & Hyg Paris 2003
  3. Van Driel M, Chevalier P  Minerva Glossaire des termes utilisés en Evidence Based Medicine 2004
  4. Devresse P-Y : Le goût du risque RMG 2004 ;(27) 217 : 455-7

 

 


15/08/2020
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Si la Covid19 était une voiture ...

- Dis, tu as oublié de mettre ta ceinture de sécurité ?

- Ah mais je ne la mets jamais, c’est pas confortable du tout, j’ai du mal à respirer avec et c’est dangereux une ceinture de sécurité. Je connais des gens qui ont été blessés parfois tués à cause de la ceinture de sécurité. Je suis libre, je ne suis pas un mouton qu’on peut attacher.. .

- Laisse-moi le volant, tu as bu trois verres de vin et tu es sûrement au-dessus du seuil autorisé d’alcoolémie.

- Je ne suis pas soul et je me contrôle très bien. Je me connais bien et je n’accepte pas qu’on me dise ce que je dois boire ou pas. C’est une atteinte à ma liberté.

- Attention, tu roules trop vite : la vitesse est limitée à 120km/h sur l’autoroute, tu es largement au-dessus.

- Et alors ? je gère. On limite la vitesse juste pour pouvoir se faire du fric sur le dos des conducteurs. Limiter la vitesse en voiture c’est une atteinte à la liberté de se déplacer. Je n’ai pas peur.

- Oui, mais tu as vu le panneau qui indiquait qu’il y a eu plusieurs accidents graves sur ce tronçon avec 200 morts rien que l’année dernière ?

- On fait dire ce qu’on veut aux chiffres, d’ailleurs on meurt beaucoup plus de cancers. Et puis tout ceux qui ont des accidents de voiture ne sont pas tués. Ces messages servent juste à contrôler les gens par la peur et nos dirigeants sont sûrement payés par les agences publicitaires qui fabriquent ces panneaux publicitaires.

- Tu ne devrais pas envoyer de SMS en conduisant, c’est dangereux.

- Mais arrête, tout ceux qui envoient des SMS au volant n’ont pas d’accident. Je ne suis pas un mouton, je t’ai dit, je ne veux pas qu’on porte atteinte à ma liberté de communiquer.

-

 


29/07/2020
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Faut-il vraiment dénigrer les moutons ?

Il est de bon ton pour dénigrer ceux qui respectent les règles de les comparer aux moutons, dont l'esprit grégaire est toujours vu de manière péjorative. Mais ceux qui trouvent les moutons si minables, savent-ils que les loups survivent aussi grâce à leur esprit de meute qui les pousse à accepter toute une hiérarchisation, encadrés par une stratégie adaptée à la préservation de l’espèce ? Le loup solitaire n'a de charme que dans les légendes et les croyances populaires, il est rarement seul par choix et ses chances de survie sont plutôt faibles. Cet esprit grégaire si vivement critiqué par certains esprits qui se croient forts n'est après tout que la manifestation d'un vrai sens social. L'instinct grégaire ne signifie pas l'obéissance aveugle et non critique mais au contraire : chaque membre du groupe réduit le danger pour lui-même et pour les autres en se rapprochant autant que possible du centre du groupe. Ainsi, le troupeau fait bloc commun face à un éventuel danger. Le comportement grégaire est ainsi supérieur au comportement non coordonné d'individus égoïstes

 


29/07/2020
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A moto un casque, dans les endroits publics un masque !

A propos du masque :

pour ceux qui craignent de s'infecter par d'autres microbes en le portant : il est important de préciser que mettre un masque nécessite d'avoir les mains propres. Donc lavage ou désinfection des mains avant de le mettre, avant de l'enlever et après l'avoir enlevé. Ne le manipulez qu'avec les élastiques ou les cordons, ne le touchez pas pendant que vous le portez (ne vous touchez pas d'ailleurs le visage quand vous n'avez pas de masques). Le masque doit être propre : les masques en tissus sont lavables, donc lavez-les sans qu'on soit obligé de prévoir des amendes pour ceux qui circuleraient avec un masque et des mains sales ! L'hygiène des mains reste une priorité !!! Et quand vous ôtez votre masque ou pour le transporter prévoyez un sachet en papier propre !

Pour ceux qui craignent de s'asphyxier en le portant : le masque n'est pas hermétique (à moins que vous ne portiez un masque en plastique dont les bords collent à la peau mais c'est une très mauvaise idée). Vous ne risquez pas plus de vous asphyxier avec un masque qu'avec l'écharpe dont vous vous couvrez le nez et la bouche en plein hiver. Porter un masque ne vous tuera pas, contrairement au virus qui lui pourrait le faire.

Pour ceux qui disent que la distance physique est suffisante : non, car elle est très difficile à respecter partout, donc ceinture et bretelle c'est plus sûr

Pour ceux qui disent que l'obligation vient tard et qu'elle ne sert plus à rien : non, le virus circule toujours (une petite centaine de nouveaux cas par jour quand même ce n'est pas rien), c'est comme un incendie dont on ne voit plus les flammes mais dont les braises sont encore actives et pourraient relancer les flammes. Donc c'est toujours utile, je dirais même plus que jamais.

Oui, c'est chaud et pas toujours confortable mais on s'y habitue et il vaut mieux le nez et la bouche confinés derrière un masque dans certaines circonstances que toute une population confinée !

Courage, vivre avec le virus ne signifie pas de faire comme s'il n'était pas là mais d'accepter certaines contraintes en attendant un vaccin (et là il faudra encore se battre contre tous ceux qui viendront dire que le vaccin est dangereux).

Je terminerai en disant que si toutes les mesures sont respectées : hygiène des mains, masque dans les endroits fréquentés, distance physique quand elle est possible, non seulement nous limiterons la covid 19 mais aussi la grippe saisonnière, les gastro-entérites et d'autres infections virales.

 


13/07/2020
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Les couleurs du hasard par Patricia Duterne (Editions Acrodacrolivres 2020)

Il est sorti juste au début de la pandémie et le confinement actuel empêche son auteur d'aller à la rencontre des lecteurs potentiels pour en faire la présentation. J'ai eu la chance de recevoir un exemplaire du dernier livre de Patricia Duterne, Les couleurs du hasard, publié chez Acrodacrolivres. J'avoue avoir été un peu déconcertée par ce roman un peu particulier évoluant autour d'un événement que tous les auteurs connaissent : un salon du livre. Décontenancée par le ton de ce roman que je n'aurais pas attribué à Patricia si je n'avais pas su qui l'avait écrit. Ses autres romans, Le murmure du papillon ou encore Au fil de soi étaient beaucoup plus "intimistes" plongeant au coeur de la psychologie des personnages centraux sur un ton tout en douceur. Dans ce roman, j'ai été épatée par la tonalité ironique, critique parfois acerbe et sans concession de tous les personnages créés et évoluant sous sa plume et sous le regard du narrateur qui les regarde de loin, de haut . Des dialogues, beaucoup de dialogues, des jeux de mots, des mots d'esprit, un tourbillon de personnages  issus d'univers les plus divers, auxquels on finit par s'attacher en dépit de leurs personnalités contrastées grâce à leurs histoires souvent tourmentées. Le portrait vire à la caricature parfois même au pamphlet pour les notables, les officiels, les politiques qui organisent l'événement littéraire qui permet la rencontre de tous ces auteurs et les fait évoluer sur le plan personnel.  Un livre étonnant, très bien écrit, car Patricia écrit très bien, qui nous fait découvrir une autre Patricia Duterne qui mérite d'être découverte. 

A lire donc : Les couleurs du hasard, Patricia Duterne, chez Acrodacrolivres

 


29/03/2020
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